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LE SYMBOLISME NOUVEAU

place des narrations de plus en plus pittoresques, avec mille épisodes amusants, déroulant en quelque vingt ou trente fresques monumentales, comme au Campo Santo de Pise, les hauts faits du peuple d’Israël ou les miracles des Saints. Les Jugements derniers eux-mêmes, ces pages sombres et puissantes dans lesquelles chaque génération faisait son examen de conscience, ont perdu leur faveur.

Au siècle suivant seulement, le symbolisme tentera un retour offensif avec

Le Triomphe de l’Amour, d'après Pétrarque.

Fragment d’nn meuble peint par Matteo de’ Pasti (Musée des Offices.)

Signorelli, Michel-Ange et Raphaël, dignes héritiers en ceci des puissants artistes du moyen âge.

En thèse générale, le désir de donner plus de vérité à un personnage, de réaliser quelque bel effet de perspective ou de clair-obscur, de fixer sur la toile un paysage pittoresque, des fleurs brillantes, quelque animal gracieux, un oiseau, un lévrier, en un mot les fantaisies purement artistiques, relèguent sans cesse à l’arrière-plan les préoccupations dogmatiques et didactiques, les compositions littéraires proprement dites, dans le genre de celles de l’École de Bologne et du Poussin. L’art pour l’art, voilà au fond la devise des quattrocentistes.

Signalons, parmi les réminiscences, les Vertus théologales et les Vertus cardinales (tombeau du pape Jean XXIII par Donatello), les Sciences (bas-reliefs

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de Lucas délia Robbia , au campanile de Florence, tombeau du pape Sixte IV par Pollajuolo), etc.

Par contre, toute la mythologie bâtarde issue du Roman de la Rose, Bon Vouloir, Souci, Bel Accueil, Courtoisie, Félonie, etc., fut rigoureusement écartée; disons plutôt qu’elle n’avait jamais pris racine en Italie.

Quelques artistes essayèrent, il est vrai, de créer de toutes pièces une symbolique nouvelle, mais ils le firent plutôt par ignorance que par indépendance. A Rimini et à Pérouse, Agostino di Duccio, l’habile et profane sculpteur du temple

de Saint-François et de l’oratoire de Saint-Bernardin, entreprit d’inventer des symboles et des attributs. Dans ses signes du Zodiaque, il représenta le Verseau (d’après M. Yriarte :

Foie) sous forme de pontonnier traversant un paysage à moitié inondé; Vénus sur un char traîné, non par des colombes, mais par des cygnes; la Tempérance tenant un frein; la Pauvreté en chemise, les mains jointes, tiraillée par un enfant et mordue par un chien. Jean Bellin, dans une série de tableaux aujourd’hui conservés à l’Académie de Venise, poursuivit une chimère de même nature : la Médisance est pour lui un homme sortant d’un coquillage porté par deux jeunes gens; la Fortune, moitié femme et moitié oiseau, a les yeux bandés; ses pieds armés de serres et couverts de plumes posent sur deux globes; elle tient une aiguière dans chaque main. Mais l’embarras du brave maître vénitien éclate à tout instant.

En pareille matière, la difficulté consiste d’ailleurs, non pas à inventer des attributs nouveaux, mais bien à les faire accepter. Ainsi seulement, par cette consécration qui est parfois l’œuvre du hasard, et non le privilège de la supériorité du talent, les idées prennent racine et deviennent viables.

Quoique les artistes de l’antiquité n’eussent pas pour les images de la mort une répulsion aussi vive que l’a soutenu Lessing dans une dissertation

Spécimen des illustrations d'une édition de Dante au x\" siècle. (Venise, 1491.)

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