‹ Histoire de l'art pendant la RenaissanceChapitre 125 sur 337 · Galette archéologique, 1880, pl. XLV · texte numérisé non relu

Galette archéologique, 1880, pl. XLV

2. Bibl. : De Rossi, Piante di Roma anleriori al secolo XVI. Rome, 1879. — E. Müntz, les Antiquités de la ville de Rome aux quatorzième, quinzième et seizième siècles. Paris, Leroux, i88.5. — Strzygowski, Cimabue and Rom. Vienne, Hôlder, 1888.

E. Müntz. — I. Italie. Les Primitifs.

stituer des formules d’atelier aux observations personnelles, et au bout de deux ou trois générations, eussent-ils fait profession du plus pur réalisme, ils étaient aussi éloignés de la réalité et de la nature que pouvait l’avoir été l’Ecole byzantine elle-même. Ce retour à la nature, dont il sut d’ailleurs contrôler les enseignements par la tradition, avait fait la fortune de Giotto. Ce fut une tentative analogue qui assura le triomphe de Donatello, de Ghiberti et de Giacomo délia Quercia, de Masolino et de Masaccio; à ce moment, les derniers sectateurs de Giotto, ces « Giotteschi » dont le nom est devenu comme une injure, avaient lîni, à force de copier leur maître, par faire de la peinture non moins fausse, non moins froide, non moins vide, que les Byzantins détrônés, quelque cent années auparavant, par l’immortel fondateur de l’École florentine. Donatello et Ghiberti, tout comme délia Quercia, tout comme Masaccio, s’efforcèrent de concilier le naturalisme avec les enseignements du passé, à cette différence près que, pour eux, le passé s’appelait l’antiquité classique et non plus le moyen âge. Ils cherchaient à ennoblir, donc ils n’étaient pas des réalistes de profession, dans le sens éminemment défavorable que l’on attache aujourd’hui à ce terme.

Les auxiliaires du réalisme furent l’anatomie, la physionomie, la perspective linéaire, toutes sciences nées et perfectionnées en Italie, toutes sciences destinées à combler l’abîme qui séparait de la nature les arts d’imitation.

Les progrès de l’anatomie sont intimement liés à la résurrection de l’antiquité : les enseignements de celle-ci firent naître le goût des figures nues, à peu près proscrites dans l’art du moyen âge (voy. page 283); ils mirent en même temps fin aux scrupules qui avaient si longtemps empêché les médecins ou les artistes de disséquer. Je ne crois pas qu’un artiste italien ait manié le scalpel avant Verrocchio et Pollajuolo, c’est-à-dire avant le dernier tiers du quinzième siècle. Mais du moins Ghiberti, Donatello, Giacomo délia Quercia, avaient-ils une connaissance assez exacte du corps humain pour créer, le premier la merveille qui s’appelle Ylsaac (en iqod, n’oublions pas cette date), le second le David de bronze, le dernier Y Adam et Y Eve de la façade de San Petronio à Bologne. Chez Donatello, cette connaissance est déjà assez complète pour que l’illustre sculpteur puisse représenter dans des attitudes très libres et très mouvementées, ici le Christ en croix, là des Enfants dansant . Il convient d’ajouter que sa science, empirique plutôt que raisonnée, ne lui permettait pas encore de s’attaquer à ces postures compliquées dans lesquelles Michel-Ange aimait à faire éclater sa souveraine connaissance de l’anatomie.

Une science congénère, celle des raccourcis, fut perfectionnée et presque créée, Vasari l’affirme, par Masaccio '.

Aux études sur l’anatomie de l’homme font pendant les recherches consciencieuses de Donatello et de Yerrocchio sur l’anatomie du cheval.

1. « Cercô più degli altri maestri di fare gl’ ignudi c gli scorti nelle figure, mai usati avant di lui. »

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