‹ Histoire de l'art pendant la RenaissanceChapitre 127 sur 337 · Vasari, t. II, p. 498-499, .S · texte numérisé non relu

Vasari, t. II, p. 498-499, .S

2. Elle fut instamment recommandée par Alherti : de la Peinture . trad. Popelin, p. 281 : «Je préférerais vous voir copier une sculpture médiocre, plutôt qu’une belle peinture. »

services non moins signalés au point de vue du naturalisme. On sait quelle place les masques funéraires tenaient dans les moeurs de la société italienne du quinzième siècle. « Dans chaque maison de Florence, raconte Vasari, on voit au-dessus des cheminées, des portes, des fenêtres et des corniches, un grand nombre de ces portraits qui paraissent vivants (on les Disait d’ordinaire colorier). » C’est ainsi entre autres que nous ont été conservés les traits de Brunellesco. Un passage de Vespasiano, le libraire florentin qui a écrit les vies si touchantes des Mécènes, des héros ou des saints de son siècle, vient apporter un nouveau témoignage de la vogue de ce procédé. Parlant de la statue du cardinal de Portugal, dans la basilique de San Miniato, près de Florence, le biographe ajoute que la niano fit formata dalla sim propria , et que le visage était très ressemblant dans certaines parties, parce qu’après sa mort il fut moulé. Verrocchio surtout, Vasari l’affirme, s’appliquait à mouler des mains, des pieds, des genoux, des jambes, des bras, des torses, « afin de les copier à l’aise » .

La perspective linéaire est une science italienne : elle a été créée de toutes pièces par Brunellesco '. Le premier il posa ce principe, que les objets paraissent plus petits au fur et à mesure qu’ils s’éloignent de notre œil; puis, cette loi établie, il en fit l’application dans un dessin représentant la place du Baptistère de Florence. La voie était ouverte; elle fut poursuivie avec éclat, dans la sculpture en bas-relief, par Ghiberti et Donatello; dans la peinture par Masaccio, à qui Brunellesco prit la peine d’enseigner lui-même la science nouvelle; puis par Paolo Uccello, Piero délia Francesca et Mantegna. Tandis que les uns s’efforcaient d’établir les règles de la perspective dans des ouvrages théoriques — rappelons le Traité de la Peinture d’Alberti, rédigé en iq35, et le Traité de Perspective de Piero délia Francesca, — les autres l’appliquaient aux bas-reliefs, aux peintures, aux marqueteries : Ghiberti et Donatello poussèrent l’engouement jusqu’à traiter comme des tableaux, l’un les bas-reliefs de la seconde porte du Batisptère, l’autre la Vie de saint Antoine, au Santo de Padoue. On sait que la perspective troubla le sommeil de Paolo Uccello. Quant à Mantegna, ce fut plus qu’une obsession, presque une monomanie : le désir de montrer l’habileté qu’il avait acquise dans cette science éclate jusque dans ses moindres croquis et leur donne parfois quelque chose de trop compassé. Ce grand artiste créa par surcroît l’art de faire plafonner les figures : il en a laissé un exemple mémorable dans ses fresques de Mantoue.

Quelques dates pour préciser les étapes de la perspective linéaire : Brunellesco, le créateur de cette science, naquit en 1 379 et mourut en 1446. Masaccio, qui le premier appliqua la perspective à la peinture, naquit en 1401 et

1. « Fu arithmetico, geometra, ritrovô la prospettiva. » (Biographie manuscrite citée par M. Janitschek : die Gesellschaft der Renaissance, p. 10S.) — Perkins, Ghiberti et son École, p. 56, 59-63. — H. Brockhaus, de Sculptura von Pomponius Gauricus; p. 32 et suiv. ; Leipzig, Brockhaus, 1886. — Rappelons qu’il faut bien se garder de confondre les traités d’optique avec les traités de perspective à l’usage des artistes.

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