L. Müntz. — 1. Italie. Les Primitifs
Le Christ mort. Tableau de Mantegna. (Milan. Musée de Brera.)
temps que l’art italien a conservé de la sève, ont été naturalistes, jusques et y compris Raphaël, qui, au comble de la gloire, au moment de commencer la Sainte Famille de François I'r, consultait encore avec anxiété le modèle vivant.
Essayons de conclure : nous serons forcés de constater que les Italiens du quinzième siècle ont réussi, toutes les fois qu’ils l’ont sérieusement voulu, à rivaliser avec les Flamands sur le terrain que ceux-ci avaient librement choisi, tandis que les Flamands ont échoué piteusement quand ils ont essaj’é d’entrer en lutte avec les Italiens. Celle des deux Ecoles qui ne sacrifie qu’au réalisme, n’accomplit pas un seul progrès après la disparition de ses glorieux initiateurs, Claux Sluter, Hubert et Jean Van Eyck; en moins d’un. siècle, elle se trouve réduite à l’impuissance. Depuis, c’est à peine si les Primitifs flamands ont inspiré, tout près de notre temps, une demi-douzaine de pasticheurs; le grand essor de l’art flamand et de l’art hollandais au dix-septième siècle, avec Rubens, François Hais, Rembrandt, est en effet absolument indépendant de la tradition du quinzième siècle. L’autre école, au contraire, celle qui tempère le réalisme par le culte des belles formes, soit que celles-ci lui aient été transmises par l’antiquité, soit qu’elles lui aient été fournies par les modèles indigènes, cette autre, dis-je, qui s’appuie à la fois sur la tradition et sur l’esprit de libre recherche, après avoir rempli le quinzième siècle de ses chefs-d’œuvre, nous réserve au siècle suivant une floraison encore plus complète, plus brillante, avec Michel-Ange et Raphaël, Giorgione et le Titien, le Corrège et Paul Véronèse; plus près de nous, cette école se renouvellera, sans secousse, par le simple retour à un principe fécond, au dix-septième siècle avec le Poussin, à la fin du dix-huitième avec Louis David, au dix-neuvième avec Ingres; elle est loin d’avoir dit son dernier mot : l’avenir nous ménage plus d’une surprise, et à elle plus d’un triomphe.
En un mot, l’antiquité a donné à la Renaissance le culte de la forme, la pureté des lignes, la noblesse de la conception; le naturalisme lui a donné son inspiration exquise, la fraîcheur de ses sentiments, sa vision si libre et si fière.
Un chevalier au xv' siècle.
(Pavement en faïence du dôme de Parme.)
Un atelier de sculpture au début du xv' siècle.
Bas-reliei de Nanni di Banco (Oratoire d'Or San Michèle à Florence).