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LES CORPORATIONS

Les corporations, si florissantes aux treizième et quatorzième siècles, déclinent au quinzième, pour céder la place, pendant le siècle suivant, aux académies proprement dites1.

A Florence, les orfèvres et les peintres continuèrent de foire partie des sept grands arts, réunis qu’ils étaient, les premiers à Y A rte délia Seta (l’art de la soie), les seconds à YArte delli spécial i e medici (l’art des épiciers et médecins). Les Maestri di murare et les Maestri di legname ou Legnaiuoli (statuts de 1894) formaient au contraire un des quatorze Arti minori L On comptait en outre l’Académie de Saint-Luc, fondée au commencement du quatorzième siècle.

Sienne possédait les corporations des peintres (statuts de 1 355), des orfèvres (statuts de 1 36 1 ) , des Maestri di pietra ou Muratori (statuts de 1441)» des Falegnami (charpentiers et menuisiers; statuts de 1446). A Pérouse, les corporations d’artistes étaient groupées comme suit : « ars magistrorum lapidum et lignaminum » (i385); — « ars pictorum » ( 1 366) ; — « ars aurificum » ( 1 35 1 ; remontant à 1296, d’après Mariotti), et « ars miniatorum » (1438) \ A Rome, la confrérie de Saint -Luc s’organisa en 1478, sous les auspices de Sixte IV1. A Parme, nous signalerons la corporation des charpentiers (1424); à Crémone, celle des peintres (1470); à Padoue, celle des peintres également (1441), ainsi qu’à Gênes (14 1 5). A Venise, un règlement de 1412 établit une distinction fort nette entre la corporation des Tagliapietra ou Scarpellini (tailleurs de pierre) et celles des Muratori ou Marangoni (maçons et charpentiers5).

Ces statuts sont en général des prescriptions édictées dans l’intérêt de la corporation et des mesures destinées à sauvegarder les intérêts du public, du client; nous dirions aujourd’hui, du consommateur. On y trouve de nombreuses garanties pour la bonne et loyale exécution des travaux; puis l’interdiction de prendre à son service un compagnon ou un apprenti sans l’aveu de son ancien patron; celle d’accepter un travail précédemment confié à un confrère sans le consentement de ce dernier. Un autre point sur lequel tous les statuts sont d’accord, c’est l’institution de banquets confraternels, l’ordre de visiter les confrères malades, d’assister aux obsèques, etc. A Crémone, les statuts défendent d’exécuter des peintures représentant quelque action ou figure déshonnête ou pouvant donner un mauvais exemple : « picturas facientes

t. III, p. 879-880. — Morbio, Codice Visconteo-Sforqesco, p. 383. — Milanesi, Docunienti per la storia delVArte senese, t. I, p. 1 1 3 .

]. La bibliographie des principaux statuts a été dressée par M. Manzoni . Bibliografia degh Statuti, ordini e leggi dei municipii italiani. Bologne, 1876-1879.

2. (Gori), La Toscana ïllustrata nella sua storia; t. I, p. 181, Livourne, ip.Sô. — En 1406, après l’achèvement de la coupole du dôme, la corporation des maçons de Florence eut l’audace de faire emprisonner Brunellesco pour avoir fait œuvre d’architecte sans avoir été reçu au préalable membre de la corporation. (Dohme et Semper, Brunellesco, p. 19.)

3. Marchesi, Il Cambio di Perugia; Prato, 1 85.3, p. 186-189.

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