‹ Histoire de l'art pendant la RenaissanceChapitre 150 sur 337 · Les Arts à la Cour des Papes, t. III, p · texte numérisé non relu

Les Arts à la Cour des Papes, t. III, p

•ï. Sagredo, Sulle consorterie delle Arti edificative in Venepa. Venise, 1807.

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demonstrationem alicujus inhonestatis et mali exempli* ». A côté de dispositions très sages et très humaines, on note un tond de mesures vexatoires contre les étrangers, qui ne peuvent s’établir dans une ville sans se faire agréer à la corporation. (Qui ne se rappelle, à ce sujet, les misérables querelles de l’Académie de Saint-Luc de Paris avec l’Académie royale de Peinture et de Sculpture pendant toute la durée du dix-septième siècle!) Ktaient exclus des charges ceux qui ne savaient ni lire ni écrire (les « inalfabeti », comme on dit en Italie), les enfants illégitimes, etc.

Y a-t-il eu à l’époque de la Renaissance plus d’artistes que pendant les âges suivants ou une fécondité plus grande? On éprouve cette illusion quand on envisage la masse prodigieuse d’ouvrages intéressants qui ont pris naissance au quinzième siècle (palais, églises, mausolées, statues, retables se chiffrant par centaines) et qui font aujourd’hui encore de l’Italie un musée étourdissant de richesse, quoique les musées des deux mondes se soient formés à son détriment. Mais il suffit d’un examen sommaire pour se convaincre que le nombre des artistes du quinzième ou du seizième siècle n’était pas plus élevé que celui de leurs successeurs du dix-septième, du dix-huitième et surtout du dix-neuvième siècle, et que ces artistes ne produisaient pas plus que ceux de nos jours. Seulement le revirement du goût en faveur des Primitifs nous fait trouver dans chacune de leurs œuvres une page intéressante, multipliant ainsi à l’infini nos jouissances, tandis que nous passons pleins d’ennui ou d’indifférence devant les productions du dix-septième ou du dix-huitième siècle italien, qui n’existent en quelque sorte pas à nos yeux.

Rappelons brièvement quelques-uns des éléments de cette statistique : le Squarcione forma i3~ élèves; le Francia, 220. A Sienne, en 1428, la corporation des peintres comptait 32 membres3 4 5; à Rome, en 1480, une cinquantaine de membres ’; à Padoue, nous trouvons, pour tout le quinzième siècle, une centaine de peint 2res1; à Brescia, 5q peintres nés ou fixés dans la ville’; à Gènes, en 14 1 5, la corporation des peintres se composait de 21 membres6. — Les médailleurs sont au nombre de soixante environ ; il est vrai que la plupart cumulaient avec d’autres professions.

En rapprochant ces chiffres de la somme des artistes qui prennent part annuellement à nos Salons parisiens, on est tenté de les trouver bien modestes. Mais, défalcation faite des amateurs, de jour en jour plus nombreux, qui se parent du titre d’artistes, combien reste-t-il, pour notre époque, de

1. Sacchi, Notifie pittoriche cremonesi, p. 33q. Crémone, 1872.

2. Milanesi, Document! per la storia deWArte senese, t. I, p. 48, 49.

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