‹ Histoire de l'art pendant la RenaissanceChapitre 15 sur 337 · Vespasiano, Vite, p · texte numérisé non relu

Vespasiano, Vite, p

plus spécialement imposé pour tâche de commander des tableaux et des statues, étendant ainsi au loin les rapports de sa maison avec les artistes, et d’organiser les séries, de plus en plus riches, du musée médicéen. Esprit sage et actif, sans la grandeur de son père ni l’éclat de son fils, il a rendu, dans une sphère plus modeste, les services les plus signalés. Il comptait pour amis intimes L. B. Alberti, Filarete, Fra Filippo Lippi, Benozzo Gozzoli (auquel il n’hésitait pas, à l’occasion, à imposer son goût, témoin ces chérubins qu’il le força d’effacer dans un de ses tableaux *), et pour clients une foule d’autres artistes distingués, Matteo de’ Pasti, qui peignit pour lui les Triomphes de Pétrarque , aujourd’hui exposés au Musée des Offices, Mino de Fiesole, qui sculpta son buste, Francesco d’ Antonio del

Cherico, qui enlumina se$ manuscrits, le peintre Domenico Veneziano, etc.

Son frère Jean (mort en iq63) partageait ses goûts : nous le voyons rechercher les antiques, commander dans les Flandres de riches tapisseries, entretenir un commerce d’amitié avec les peintres Fra Filippo Lippi, Giovanni Angelo de Camerino, avec le fameux ingénieur et architecte Aristotele di Fioravante, etc.

Médaille de Cosme de Médicis. De 1434 à 1471, c’est-à-dire du retour

triomphal de Cosme de Médicis au début du principat de Laurent le Magnifique, les Médicis n’avaient pas dépensé moins de 663 755 florins (environ trente millions de francs), en impositions, en aumônes et en constructions. Ces chiffres sont fournis par Laurent lui-même, qui les cite avec enthousiasme. Il ne devait pas tarder à éclipser encore la magnificence tant vantée de sa maison.

Laurent le Magnifique (1448-1492) est à la fois l’homme d’Ftat hors ligne, aux inspirations de génie (comme de courir à Naples se mettre volontairement au pouvoir de son ennemi le roi Ferdinand, et de le conquérir par son éloquence), qui seul aurait pu détourner de l’Italie le fléau de l’invasion; le rénovateur de la poésie italienne; l’auteur si profondément religieux des Mystères et si spirituellement licencieux des Chants à danser (« canti da ballo ») ou des Chants carnavalesques (« canti carnascialeschi »); l’arbitre du goût, qui dirige l’évolution suprême de la Renaissance florentine, et dont les artistes ou les amateurs de l’Italie entière sollicitent respectueusement les arrêts; l’homme d’initiative qui découvre les talents nouveaux, et l’amateur prodigue dont les largesses peuplent Florence de chefs-d’œuvre. Grâce à l’ardeur de son aïeul Cosme, qui n’a guère laissé à construire après lui, Laurent peut concentrer ses efforts sur la peinture,

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