‹ Histoire de l'art pendant la RenaissanceChapitre 156 sur 337 · Gaye, Carteggio, t. I, p · texte numérisé non relu

Gaye, Carteggio, t. I, p

3. Lettre inédite qui m’a été signalée par M. le commandeur Lucas Beltrami de Milan.

4. Ciceri, Selva di notifie autentiche risguardanti la fabbrica délia cattedrale di Couio, p. 80.

5. Voy. les intéressantes Études sur l’antiquité de M. Émile Mallay, p. 161.

Filarete, Ghirlandajo, etc., les leurs au quinzième; Léonard de Vinci, Bramante, Raphaël, les leurs au seizième. Mais une distinction qui s’impose à nous permet de réfuter sans difficulté cette théorie : les différents ouvrages que nous venons de mentionner sont tous purement pratiques; leurs auteurs se sont efforcés de consigner par écrit les résultats de leurs expériences personnelles, des résultats essentiellement empiriques : ils n’ont pas songé à jeter les bases de l’esthétique, pas plus qu’à juger le mérite de leurs contemporains. Seul Ghiberti a semé çà et là quelque note qui indique le cas qu’il faisait du talent d’un Giotto ou d’un Lorenzetti.

Lorsque la critique, l’histoire de l’art et l’esthétique naquirent enfin, c’en était fait du souffle créateur : l’ère de la réflexion, de la discussion et des Académies commençait.

A l’époque dont nous nous occupons, les ouvrages didactiques ont invariablement pour rédacteurs des artistes : Gentile da Fabriano, Ghiberti, Alberti, Filarete, Francesco di Giorgio, Piero délia Francesca, Foppa, Zenale, Ghirlandajo1. Les exceptions ne sont qu’apparentes : si Fra Luca Pacioli, l’auteur du De divina Proportione, n’a manié ni l’ébauchoir ni le pinceau, c’est que son travail est principalement fondé sur les mathématiques et qu’il pouvait, à la rigueur, se passer de connaissances artistiques proprement dites. Quant à Y Hypnerotomcichia ou Songe de Polyphile, de Fra Francesco Colonna, l’esthétique, une esthétique singulièrement fantaisiste, y tient une place prépondérante.

Avant de passer en revue les principaux de ces traités, ceux d’ Alberti, de Filarete et de Colonna, il est nécessaire de montrer quel rôle ces sortes de manuels jouaient chez les trecentistes, et notamment dans l’école de Giotto. Le Florentin Cennino Gennini, élève d’Angelo Gaddi, nous a laissé un traité sur la Peinture, il Libro delï A rte, qui est comme le catéchisme de la peinture italienne au quatorzième siècle2. Son ouvrage, composé de cent quatre-vingtneuf chapitres, nous fait tour à tour connaître : les règles générales de la peinture, les procédés du dessin, la nature et la préparation des couleurs, la préparation des pinceaux, les procédés de la fresque, les procédés de la peinture à l’huile, les procédés de la peinture « a tempera », l’exécution des ornements de toute nature, les procédés du moulage, etc., etc.

Dans ce recueil, d’une extrême naïveté, les conseils de morale et d’hygiène alternent avec des recettes techniques très précises. Une fois, en s’adressant au

1. Les Traites de Gentile da Fabriano, de Foppa, de Zenale et de Ghirlandajo sont perdus. — Je ne parle pas du recueil publié à Bologne, chez Romagnoli, en 1887, par MM. Guerrici et Ricci, sous le titre de il Libro dei colori, secreti del sccolo XV° (tiré à 202 exemplaires) ; il ne comprend que des recettes pour la préparation des couleurs.

2. Cet ouvrage fut rédigé à la fin du quatorzième siècle, et non en 1 487, comme on l’a souvent affirmé. Il a été traduit en français par M. Mottez (Paris, iHÔB), mais sur un texte mutilé. La seule édition complète est celle qu’ont donnée les frères Milanesi : il Libro dell’ Arte. Florence, Lemonnier, 1859. Une traduction allemande, due à M. Ilg, a paru à Vienne chez Braumüller, en 1871 ; une traduction anglaise, due à Mme Merrifield, à Londres, en 184.4.. chez Lumley.

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