Traduction Popclin, t. I, p
2. Chronique des Arts, 1884, p. 424-426. — Cf. Schmarsow, Meloqtp du Forli, p. .147.
temporains, il n’y a rien au-dessus d’Apelle, engouement d’autant plus facile à comprendre que le quinzième siècle admirait la peinture grecque de confiance, sans en avoir jamais vu le moindre spécimen.
Comparé à Alberti, à Filarete, à Piero délia Francesca, à Francesco Colonna, Ghiberti représente l’histoire de l’art. Le premier, à l’aube de la Renaissance, il essaya de se rendre compte de l’essor des arts dans l’antiquité, de leur abaissement après l’invasion des Barbares, de leur rénovation au treizième siècle, avec Nicolas de Pise, avec Giotto, avec nos statuaires français.
Pour l’antiquité, Ghiberti s’est borné à compiler Pline d’une part, Vitruve de l’autre. Je me hâte d’ajouter que l’érudition du sculpteur florentin n’est pas des plus profondes, bien qu’il affecte de dédaigner l’ère commune, et ne compte que par olympiades. N’a-t-il pas l’audace d’affirmer — pour ne citer qu’un exemple — qu’après la ruine du paganisme, les chrétiens édictèrent des peines sévères contre l’auteur de toute statue ou fresque ! Les temples — il le déclare formellement — restèrent nus pendant six siècles. Enfin les Grecs (les Byzantins), dit-il, reprirent faiblement l’art de la peinture ; « mais autant les anciens étaient habiles, autant les Grecs se montrèrent grossiers et maladroits ».
Ghiberti s’aventure sur un terrain moins dangereux quand il raconte les péripéties de la grande révolution à laquelle Giotto a donné son nom, et qu’il dépeint les efforts de ses successeurs, André de Pise, le Giottino, Taddeo Gaddi, Simone di Martino, Ambrogio Lorenzetti. Il énumère leurs oeuvres, et signale les progrès réalisés par chacun d’eux1, avec des observations parfois assez piquantes.
i. Les Commentaires de Ghiberti, conservés en manuscrit à la Bibliothèque nationale de Florence (copie du xve siècle), ont été publiés dans le texte original par les éditeurs du Vasari- Lemonnier (t. I) et par M. Frey; ils ont été traduits en français par Charles Perkins dans sa monographie du maître. La Bibliothèque de Florence contient en outre un Traité £ Architecture, avec force dessins à l’appui, dont bon nombre d’auteurs font également honneur à Ghiberti. Une copie (moderne) de ce second ouvrage se trouve à la Bibliothèque de l’Ecole des Beaux- Arts de Paris. On a lu ci-dessus (p. 269) la description de la statue d 'Hermaphrodite trouvée à Rome en présence de Ghiberti.
Tête de moine.
(Fragment d’une i'resque de B. Gozzoli.)
La .Porte de Crémone. (Musée du Louvre)
E. Münlz. — I. Italie. Les Primitifs.
Fragment cl une corniche de Tullio Lombarde. (Église Sainte-Marie des Miracles à Venise.)