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LES PORTES ET

avait suffi pour rajeunir la société italienne, l’architecture du quinzième siècle se présente à nous avec tous les caractères de l’adolescence, tour à tour timide, naïve, chaste et fière1.

Le trait distinctif du quinzième siècle est la lutte entre le style pittoresque et le style classique, les novateurs s’efforçant de plus en plus de traiter l’architecture comme un art abstrait, susceptible d’être développé à l’instar d’un problème de géométrie2. Au fur et à mesure que l’on avance, le rôle de la fantaisie se réduit, tandis que celui de la logique grandit en raison inverse. Une volonté

1. Bibliographie. Les études sur l’histoire de l’architecture italienne pendant le quinzième siècle, études si florissantes autrefois dans notre pays (il sûffit de rappeler les grands ouvrages de d’Agincourt, de Gauthier ( Les plus beaux Edifices de la ville de Gênes'), de Famin et Grandjean de Montigy ( Architecture toscane), de Letarouilly (Édifices de Rome moderne), y sont singulièrement négligées depuis quelque temps : c’est à l’architecture italienne du moyen âge que profitent les recherches de nos savants, de M. de Dartein, de M. Rohault de Fleury et de leurs émules. L 'Histoire générale de V Architecture ; Renaissance (Paris, l885), de Daniel Ramée, est écrite par un homme compétent, mais dans un français impossible; elle abonde en contradictions et en erreurs historiques des plus grossières.

C’est à deux savants suisses que l’histoire de l’architecture du quattrocento a dû ses plus sensibles progrès et sa dernière évolution : Jacques Burckhardt nous a donné la Geschichte der Renaissance in Italien (2e édit. Stuttgard, Ebner eP Seubert ; 1878; formait à l’origine le tome IV de VHistoire de V Architecture de Kugler), ouvrage admirable comme érudition et comme critique, quoique la méthode analytique chère à l’auteur y soit poussée à ses dernières limites, et que ce chercheur de génie y ait laissé aux autres le soin de mettre en œuvre les trésors qu’il a réunis; puis le Cicercne, dont la cinquième édition a paru en 1884. On doit, d’autre part, au compatriote de Burckhardt, le baron H. de Geymüller, correspondant de l’Institut de France, outre la révision de l’édition ci-dessus indiquée du Cicerone, les importantes publications sur les Projets primitifs pour la basilique Saint-Pierre de Rome (Paris, Baudry, 1875-1880, 1 vol. de texte et un atlas), sur Raphaël architecte ( Raffaello Sanfio studiato corne architetto. Milan, Hœpli, 1 883) et sur la Renaissance en Toscane ( [die Architectur der Renaissance in Toscana), dont la première livraison a paru en 1 885 , à Munich, chez Bruckmann.

L’ouvrage du regretté Redtenbacher, die Architektur der italiànischen Renaissance; Entwicklungsgeschichte und Formenlehre derselben (Francfort S. M. 1886, xvi-586 p.), est avant tout un recueil de notes que nous aurons plus d’une fois l’occasion de mettre à profit ; malheureusement les erreurs de détail s’y comptent par centaines, surtout pour les dates.

Parmi les travaux italiens embrassant l’ensemble de l’histoire de l’architecture, je citerai la Storia delT Architettura in Ilalia dal secolo IV al XVIII, par le marquis Ricci, 3 vol. Modène, 1857-1860, compilation assez faible, et l’intéressant manuel de M. Alfred Melani : Architettura italiana, 2 vol. in-12. Milan, Hœpli (2e édit. 1887).

Comme recueils de photogravures , il faut mentionner : Schütz , die Renaissance in Italien (Paris, André, Daly et C'% 1886, 4 vol. in-fol.), sorte d’atlas destiné à compléter le Cicerone de Burckhardt ; — Nicolai, das Ornament der italienischen Kunst des XV Jahrhunderts : Dresde, 1882, in-folio. De nombreux relevés de monuments du quinzième siècle se trouvent dans nos grands recueils d’architecture : la Revue dé Architecture de C. Daly, le Moniteur des Architectes , l’ Encyclopédie d’ Architecture , puis dans Y Allgemeine Bau%eitung, fondée par Fœrster (Vienne, 1848 et suiv.), et dans la Zeitschrift für Bamvesen d’Erbkam (Berlin, 1 85 1 et suiv.).

2. On se rappelle la fameuse invective de Ruskin : « L’architecture de la Renaissance est l’Ecole qui a conduit les facultés inventives et constructives de l’homme (des splendeurs) du Grand Canal (de Venise) aux rues telles que Gower Street; des flèches de marbre et de 1 arcade en lancette, et du feuillage entrelacé et de l’harmonie éclatante et fondue de l’or et de 1 azur, au trou carré (the square cavity) percé dans le mur de briques ». ( The stones of Venice, t. III, p. 2.)

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