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tance, que ces édifices aient un plafond à caissons, comme San Lorenzo de Florence, ou un faîtage découvert, comme San Francesco al Monte, près de la même ville. Pendant cette époque de transition, le nombre des églises dont la nef principale est couverte en bois à la façon des basiliques chrétiennes primitives, l’emporte peut-être sur celui des églises voûtées en pierre, à la façon des cathédrales gothiques ou romanes.
Le Mont Amiata fournissait des sapins particulièrement recherchés pour les travaux de charpente (voy. page 9?).
Pour la toiture on se servait fréquemment de tuiles en plomb, plus ou moins richement ornées : celles du palais Saint-Marc à Rome portaient en creux les armoiries du fondateur, le cardinal Barbo, et des portraits de contemporains célèbres, par exemple le roi Alphonse de Naples, d’après la médaille de Pisanello *.
Examinons la mise en œuvre de ces pierres et de ces marbres, qui auraient suffi à eux seuls à faire des églises et des palais de l’Italie les constructions les plus riches de l’univers.
Si nous nous attachons d’abord à ce que l’on appelle en termes du métier 1’ appareil, nous sommes frappés de la prédominance, dans l’architecture civile, de ces bossages bruts, qui ont l’air de blocs imparfaitement dégrossis, et qui ont reçu pour ce motif le nom (ïopus rusticum ou de rustique1 2. Cet appareil n’avait jamais été abandonné en Italie, surtout en Toscane, comme le prouvent le Palais \ ieux de Florence, le Bargello ou Palais du Podestat, et toute la série des palais municipaux congénères, entre autres celui de Città di Castello. Alors qu’ailleurs on s’efforcait d’obtenir les surfaces les plus régulières et les plus lisses, les joints les plus unis, ces fiers descendants des vieux Etrusques essayaient de remettre en honneur l’âpre grandeur des murs de Fiesole ou de Cortone. Les archéologues et les architectes du quinzième siècle, à leur tour, en reprenant l’étude des monuments antiques, tombèrent dans une erreur qui favorisa singulièrement le suc-
1. Stevenson, Note sur les tuiles de plomb de la basilique de Saint-Marc ornées des armoiries de Paul II et de médaillons de la Renaissance. (Extr. des Mélanges publies par V École française de Rome.)
Rome, 1888.
2. Voy. sur l’emploi de cet appareil les judicieuses observations de Redtenbacher ( die Architehur, p. 3o8 et suiv.).
cès du rustique : ils s’imaginèrent que dans la Porta Maggiore à Rome, dans les amphithéâtres de Vérone et de Pola, l’emploi de pierres incomplètement taillées était voulu et raisonné, alors qu’il procédait en quelque sorte du hasard seul, ces édifices, comme on sait, n’ayant pas été achevés1.
Quoi qu’il en soit, ce retour à la tradition ou cette innovation, comme on voudra l’appeler, a fourni à l’architecture moderne un élément de contraste des plus précieux. A Florence même, le rustique fait l’ornement des palais élevés par Brunellesco , Michelozzo Benedetto da Majano et une foule d’autres maîtres : les palais des Pazzi, des Pitti, des Médicis, des Strozzi, etc. En dehors de la Toscane, nous le retrouvons h Naples, au palais Colobrano (1466); à Bologne, au rez-de-chaussée du Palais du Podestat (1485), avec des dessins imitant les roses; à Venise, sur la façade de l’église Saint-Michel (1470), et au rez-de-chaussée du palais Corner-Spinelli.
Puis on se plaît à varier et à raffiner le rustique, en taillant chaque pierre à facettes comme un brillant. Ces bossages en pointe de diamant apparaissent vers la fin du siècle, au rez-de-chaussée du palais Bevilacqua à Bologne, et surtout au célèbre palais des Diamants à Ferrare, qui fut commencé en 1490.
En dehors de ces systèmes plus ou moins prétentieux, les architectes du quinzième siècle s’en tinrent à l’appareil régulier, soit en pierres de taille, soit en briques. Ils n’ont pas songé, que je sache, à faire usage de Yopus spi catum, de Yopus reticulatum, ou des autres combinaisons imaginées par les archF tectes romains.
Je n’écris pas un traité de construction : c’est pourquoi le lecteur m’approuvera d’éviter les détails trop techniques sur les différents systèmes d’arcs, de voûtes, de pendentifs, de tambours, de pénétrations de toute sorte, substitués par les quattrocentistes à ceux qui reposaient sur l’emploi de l’ogive. Il me suffira de dire que le trait distinctif de l’architecture nouvelle, c’est l’emploi du plein cintre, des voûtes en berceau, des voûtes d’arête et des coupoles.
Dans un rapport célèbre, Raphaël, qui fut un architecte éminent en même temps qu’un grand peintre, a mis en lumière, avec la clarté qui distingue toutes ses productions, peintes ou écrites, les avantages de ce système comparé à l’arc en tiers-point ou arc en ogive. Laissons-lui la parole pour un instant : « L’architecture gothique a eu quelque raison d’être; elle constitue une imitation des arbres non taillés, dont les branches, lorsqu’on les baisse et les attache ensemble, forment des arcs en tiers-point (« terzi acuti »). Et, quoique cette origine ne soit pas absolument condamnable, cependant elle prête beaucoup à la critique. En effet, les huttes décrites par Vitruve, dans sa dissertation sur les origines de l’ordre dorique, avec leurs poutres liées les unes aux autres,