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LES PORTES

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figures en bas-reliet, voire en ronde bosse, et comme une gageure dont l’ar-

Porte « délia Mandorla * à la cathédrale de Florence

tiste se tire le plus souvent à son honneur. On écrirait l’histoire de l’orne-

génies nus, qui jouent un si grand rôle dans l’art de la Renaissance aussi bien que dans celui de l’antiquité.

mentation et en partie de la sculpture italienne du quinzième siècle, rien qu’en passant en revue les principaux de ces modèles. Bornons-nous à quelques exemples. A la cathédrale de Florence, les figurines de Pietro di Giovanni Tedesco, de Niccolô d’Arezzo et de Nanni di Banco ont rendu célèbres deux des portes latérales, tandis qu’à Santa Maria Novella Alberti n’a fait usage que d’ornements architectoniques, et notamment d’une superbe voussure à caissons. A Urbin, un beau bas-relief de Luca délia Robbia surmonte la porte de l’église San Domenico. Les chambranles des portes du palais ducal, dans la même ville, se recommandent par leur richesse et leur élégance. A Fano, la porte de l’église Saint-Michel, attribuée à Matteo Nuti, nous offre, arrangés avec un goût parfait, les motifs les plus gracieux de la Première Renaissance : vases de fleurs, arabesques, rinceaux, sirènes, médaillons, etc. Plus on avance vers le nord, plus la décoration des portes gagne en richesse, soit dans les églises, soit dans les palais. Celles de la cathédrale de Côme sont de véritables albums dans lesquels l’artiste a entassé un peu au hasard les motifs que lui ont fournis les ouvrages des anciens et ceux qu’il a rencontrés dans la nature. La porte du palais Stanga, autrefois à Crémone, aujourd’hui au Musée du Louvre, contient, elle aussi, tout un monde d’images, les unes amusantes, les autres destinées à flatter l’œil par l’élégance de leurs formes. Il n’est pas jusqu’à la ville de Cènes, si lente à s’associer à l’élan de ses émules (voy. page 198), qui ne s’enorgueillisse d’un certain nombre de portes monumentales, telles que celle de la Piazza San Matteo 1 ?

Pour offrir un aspect moins monumental, les portes qui, à l’intérieur des églises ou des palais, ouvraient sur les chapelles ou les salles principales, se distinguaient souvent par tout autant de richesse. Des chambranles historiés, en marbre ou en terre cuite, des vantaux en bronze ou en marqueterie, font l’ornement, à Florence, d’une foule de sacristies (Santa Maria del Fiore, San Lorenzo, Santa Croce, etc.) et du palais Vieux, à Urbin, du palais ducal, àPavie, de la Chartreuse, etc.

Un modèle de style lombard particulièrement remarquable par sa richesse et son mauvais goût, c’est la porte de l’ancien Pala^o ou Banco dei Medici à Milan, édifiée, s’il faut en croire les historiens d’art, sur les dessins de Michelozzo (exposée aujourd’hui au Musée archéologique de Brera). Deux pilastres cannelés encadrent le monument; un peu en retraite se dressent deux montants, avec un double étage de figures, d’un arrangement fort malencontreux. La frise a pour ornement deux « putti » qui tiennent l’écu des Sforza, et deux lévriers assis, vers lesquels s’étend une main, emblème de François Sforza; dans les deux écoinçons de l’arcade, un médaillon d’homme et un autre de femme. Par la multiplicité des ornements, ainsi que par la brutalité de l’exécution, cet ouvrage ne se ressent que trop du goût lombard, et nous sommes per-

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