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L’ArcbiteUura , t. I, p

BRUNELLESCO.

tempio in otto raccie degli Angeli » (Vasari), le temple octogonal des Anges, à Florence. « On y remarque, dit d’Agincourt, la conception ingénieuse du

Intérieur de l'église Saint-Laurent a Florence.

plan octogone dans l’intérieur et à seize pans au dehors, afin de diminuer la trop grande épaisseur des murs 1 » .

L’église des Anges ou des Camaldules doit son origine au noble aventurier florentin Pippo Spano (page 66), qui en mourant (1426) légua une somme

l. Histoire de l'Art par les Monuments ; Architecture, t. I, p. 91.

considérable pour élever dans sa ville natale ce monument de sa piété et de sa magnificence. Les travaux toutefois ne commencèrent qu’en 1484, et bientôt les difficultés pécuniaires les firent suspendre : le monument resta une ébauche qui ne tarda pas à se changer en ruine. Un moment il fut question de le terminer, pour y installer l’Académie de dessin, mais ce projet n’eut pas de suite1. Nous avons reproduit (page qoS) le plan de cette construction aussi originale que grandiose.

L’architecture civile s’est ressentie, au même point que l’architecture religieuse, de l’action immense de Brunellesco.

Étudions d’abord les monuments publics. Le principal d’entre eux, l’Hospice

des Enfants trouvés (gravé page 455), le « Spedale degli Innocenti » (commencé en 1421, terminé en 1445), tient le milieu entre l’élégance de la chapelle des Pazzi et la sévérité des basiliques de Saint-Laurent et du Saint- Esprit. Une rangée d’arcs en plein cintre, dont les écoinçons ont été ornés depuis de médaillons contenant de délicieuses figures d’enfants emmaillotés, par Andrea délia Robbia, deux ordres de moulures, et enfin des fenêtres rectangulaires surmontées de frontons triangulaires, voilà les moyens, d’une extrême simplicité, avec lesquels Brunellesco a produit l’effet le plus saisissant. Le mélange de grâce et de noblesse, la grande tournure de ce monument, sont plus faciles à saisir qu’à exprimer.

La loge de Saint-Paul, sur la place de Sainte-Marie Nouvelle (commencée en iqfii), remonte, dans son dessin général, à Brunellesco, et rappelle fortement l’Hospice des Innocents.

Dans le domaine de l’architecture privée, Brunellesco s’est signalé par la construction de deux des plus beaux palais de Florence.

Un patricien florentin, Luca Pitti, aussi riche que vaniteux, lui demanda, raconte-t-on 2, de lui bâtir une habitation dans la cour de laquelle l’ensemble des demeures de ses rivaux pourrait tenir. Ce programme hyperbolique fut accueilli avec enthousiasme par un artiste épris des tâches les plus ardues et brûlant d’élargir sans cesse, dût-il le faire éclater, le cadre dans lequel se renfermaient ses contemporains.

Quelle idée nous faire et de ce citoyen de Florence, un marchand enrichi, je pense, qui rêve, dans une république égalitaire entre toutes, de bâtir un palais

1. Quatremère de Quincy, Histoire de la vie et des ouvrages des plus célèbres Architectes, t. I, p. 63. Paris, i83o.

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