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Marcotti, Un Mercatcre fiorentino, p

4. Voy. les documents publiés par Gaye (Carleggio, t. I, p. 220), l’article de W. Braghirolli, dans le Répertoriant fiir Kunstwissenschaft, 1879, p. 259-279, et le volume de M. Mancini, p. 509 et suiv.

ALRERTI.

d’autres chapelles plus petites à coupoles. « L’organisme intérieur de cette

Façade de l’église Sainte-Marie Nouvelle a Florence.

magnifique église, dit M. de Geymiiller, est tellement semblable à celui qu’adopta Bramante à Saint-Pierre de Rome, qu’on peut admettre sans hési-

tation qu’il lui servit de modèle. Son beau porche n’aura peut-être pas exercé sur Bramante une moindre influence'. »

Alberti mourut à Rome, âgé de soixante-huit ans, au printemps de l’année 1472. On ignore jusqu’à la date précise de sa mort, jusqu’à l’emplacement de son tombeau. Peu de temps avant sa fin, il avait accueilli dans sa maison et défrayé de tout, plusieurs mois durant, Luca Pacioli, le futur auteur du de Divina Proportione. Qui sait si celui-ci n’entretint pas, dans la suite, de cet homme prodigieux, son ami Léonard de Vinci, l’héritier intellectuel du grand artiste et penseur florentin, et ne servit pas de trait d’union posthume entre ces deux nénies ?

Ce que Michelozzo avait été à Brunellesco, Bernard Rossellino le fut à Léon- Baptiste Alberti, un disciple respectueux, mais qui savait en même temps développer les idées du maître; activité féconde et bien réglée, sereine et noble figure, plus amoureux de correction que d’originalité, et dont les œuvres frappent moins la foule peut-être en raison même de leur équilibre et de leur perfection : ce sont là — qui l’ignore? — qualités propres à faire vibrer toutes les cordes à la fois et non pas une seule au détriment des autres.

Bernardo di Matteo Gamberelli, surnommé Rossellino, était né à Florence en 140g; il y mourut en 1464, âgé de cinquante-cinq ans seulement. Ayant suivi la bannière d’Alberti, ce fut sous sa direction qu’il exécuta à Rome les grands travaux commandés par le pape Nicolas V, la reconstruction de Saint- Pierre et du palais du Vatican.

A Sienne, on fait honneur à Rossellino du palais Piccolomini, édifice imposant commencé par le pape Pie II (1 400- 1464), mais auquel on semble

1. Les Projets primitifs pour la basilique de Saint-Pierre Je Rome, p. 7.

Plan de l’église Saint-André a Mantoue.

ROSSE L LINO.

avoir travaillé jusque vers la fin du siècle, puisque Jacques Piccolomini, dans son testament de 1498, le qualifie de « palatium novum », mention à laquelle un contemporain a ajouté celle de « et non perfection 1 ». Le palais s’élève dans une rue étroite et irrégulière, qu’il domine, isolé comme il l’est de toutes parts, sauf du côté de la place, où il se relie à une maison. Il est construit en pierres de taille rappelant le travertin employé à Rome. Le rez-de-chaussée, autrefois percé d’arcades servant de portes, est aujourd’hui muré, à l’exception de la porte principale. Au-dessus s’élève une rangée de fenêtres rectangulaires, fort petites, une sorte d’entresol, puis deux rangées de fenêtres monumentales, du même style que celles du palais de Pienza, avec cette différence qu’ici elles ne sont pas séparées par des pilastres. Un bandeau à denticules sépare l’entresol du premier étage, et le premier étage du second.

Une frise, que surmonte une corniche, d’un style très libre et d’un effet très imposant (voy. page 3ç5), couronne le tout. Sur un des angles, l’écu (la targe) des Piccolomini avec les croissants et l’aigle. Partout des porte-torche, en fer forgé, se terminant dans le bas par un mouton avec un croissant.

Le cortile, qui n’a pas été terminé, devait avoir une forme particulière. Il comprend aujourd’hui trois rangées d’arcades, avec des colonnes à chapiteaux ornés de croissants. Le premier étage est ici séparé du second par un intervalle énorme ; au-dessus s’ouvrait une « loggia » aujourd’hui murée.

A Pienza2, un autre palais Piccolomini, également construit pour Pie II, et légué par celui-ci à ses neveux, dès l’année 1460, puis l’église, l’évêché, l’hôtel de ville, tous fort bien conservés, nous montrent dans Rossellino l’imitateur diligent, parfois un peu lourd, d’Alberti.

Autour de Brunellesco et d’Alberti, une nuée d’architectes habiles, rompus à toutes les difficultés du métier, mais d’ordinaire plus habiles à conduire les travaux en sous-ordre qu’à inventer : Niccolô di Piero, qui appartient d’ailleurs

1. Document inédit conservé aux Archives de Sienne. Cf. le document de 146g, publié par Gaye (Carteggio, t. I, p. 218-220).

2. Voy. Les Arts à la Cour des Papes, t. I ; Le Tour du Monde, 1882, liv. Il 17; la Zeitschrift fi'tr Bamuesen, t. XVI, p. 5 1 3 ; Y AUgemeine Bau^eitung de Kôstlin, 1882, p. 17 et suiv. (article de M. Holtzinger), et ci-dessus, p. ç3, 4.34 et suiv.

encore à l’âge précédent, quoiqu’il ait vécu jusque vers 1420; Antonio Manetti, et Antonio di Tuccio Manetti; Luca Fancelli, que nous retrouverons à Mantoue; la Cecca (1446-1468), surtout célèbre comme ingénieur militaire (il mourut au champ d’honneur); Camicia Chimenti (1427; vivait encore en i5o5), qui eut l’honneur de travailler pour le roi Mathias Corvin; le Francione, à la fois artiste en marqueterie, ingénieur militaire et architecte; Giovanni di Bertino, qui semble avoir dirigé les travaux du palais Ruccellai, ceux de la taçade de Sainte-Marie Nouvelle et ceux du premier choeur de l’Annonciation1.

A Sienne, les architectes du quinzième siècle, de même que leurs compatriotes les sculpteurs et les peintres2, flottent longtemps entre les souvenirs du passé — ces souvenirs du moyen âge qui avaient jeté un si vif éclat dans leur ville — et les séductions que faisaient briller à leurs yeux ces tentateurs de Florentins, voisins et rivaux aussi haïs qu’enviés. Une circonstance purement fortuite, l’emploi des briques, qui alternent ici avec les pierres de taille, compliquait d’ailleurs le rôle des constructeurs. Le principe de la Renaissance domina pourtant dès la première moitié du quinzième siècle, mais il ne s’affirma pas avec la netteté et la vigueur qui eussent pu engendrer des oeuvres véritablement vivantes, et puis c’est à un Florentin, à Bernard Rossellino, que l’on doit le plus important des édifices de cette époque, le palais Piccolomini, au style si ample, aux proportions si harmonieuses (voy. page 3q5 la gravure de la corniche et page 469 la description de ce palais).

Le palais Spannocchi, avec cinq fenêtres de façade seulement, un rez-dechaussée et deux étages, a quelque chose d’étriqué ; la corniche supportée par des consoles trop grandes achève de l’écraser.

Quant au palais des Papesses (palazzo Nerucci), aujourd’hui restauré et converti en Banque nationale, il est encore à moitié gothique. Le cortile se distingue par des piliers octogonaux en briques et à loge ouverte.

Les Siennois ont le mérite d’avoir adopté, des premiers, un genre de construction dont il est difficile de séparer l’idée même de la Renaissance, ces loges ouvertes, de plain-pied avec les places publiques, ou élevées de quelques marches seulement, souvenir bien affaibli de la basilique antique, remises en honneur par Orcagna dans la « Loggia dei Lanzi ». En 1417, ils élevèrent la « Loggia degli Uffiziali » ou « Casino dei Nobili », gothique quant à son style, mais toute moderne d’inspiration. La seconde loge, d’une élégance déjà un peu facile, d’une correction déjà un peu banale, est la « Loggia dei Papa », construite par Federighi en 1460. La chapelle, à arcades ouvertes, bâtie à côté du « palazzo dei Diavoli », par Federighi également, se rapproche aussi de ces modèles; le gothique y coudoie encore la Renaissance.

1. Voy. pour tous ces noms la table de l’édition de Vasari publiée par M. Milanesi.

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