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LES ARCHITECTES DE SIENNE ET D'AREZZO

Antonio Federighi dei lolomei (f 1490), dont nous venons de prononcer le nom, a la fois architecte et sculpteur, résume avec le plus de distinction, pour cette période, ce que l’on peut appeler le style siennois.

Pour la période suivante, le plus éminent des architectes siennois est Francesco di Giorgio Martini, que nous retrouverons dans le second volume de ce travail.

Chez cette race, de tout temps portée vers la finesse plutôt que vers la force, l’architecture affecta de plus en plus de pureté, tendances qui, au siècle suivant, trouvèrent leur plus haute expression dans le Siennois Balthazar Peruzzi, l’harmoniste par excellence en matière d’architecture.

A Arezzo, un des plus charmants produits du style de transition est le Pala^o délia Fraternité ou la Misericordia : au rez-de-chaussée, deux fenêtres en ogive flanquent une porte en plein cintre; au premier étage, la Renaissance triomphe partout, dans les pilastres, dans les génies tenant des festons, dans les niches contenant des statues, enfin dans la frise ; seul le motif assez disgracieux qui encadre le bas-reliet placé au-dessus de la porte procède du moyen âge. A l’étage supérieur, les consoles qui supportent la petite loge découverte, rappellent par leur saillie excessive les mâchicoulis de l’époque antérieure.

Quant au vase à fleurs qui se développe sous chaque arcade de la loge, c est la signature de la Première Renaissance, une de ses inventions les plus caractéristiques et les plus charmantes.

Vasari attribue la construction de l’étage supérieur a Niccolô di Pieio d’Arezzo, l’habile sculpteur arétin, qui l’aurait bâti en 1080. Sur la première partie de cette assertion, on peut en croire le biographe, car Niccolô di Piero fut un précurseur dans toute la force du terme ; quant a la date mise en avant par Vasari, elle ne saurait s’appliquer qu’au commencement des travaux, c’est-à-dire au rez-de-chaussée, et nullement au premier étage : en 1 pci sonne en Italie ne savait construire avec une telle entente du style nouveau.

Palais de la « Misericordia • à Arezzo.

A Pise, quelques palais — le cortile de l’Université, celui du palais archiépiscopal, la Casa Trovatelli et la Casa Toscanelli — décrits par les auteurs du Cicerone, méritent seuls une mention.

A Pérouse, la Renaissance s’incarne dans l’oratoire de Saint-Bernardin, construit et décoré en 1461 par Agostino di Duccio1, et dans la porte de Saint- Pierre, commencée par le même artiste en 1470, en collaboration avec Polidoro di Stefano (gravée page 481).

Plus près de Rome et de la mer Tyrrhénienne, à Corneto, le palais Vitelleschi'2, commencé dans le premier tiers du quinzième siècle par le cardinal de ce nom (voy. page 86), nous offre un mélange assez incohérent d’éléments gothiques et d’éléments antiques : des fenêtres polylobées et des mâchicoulis à côté de portes dont le fronton triangulaire repose sur des consoles.

1. Décrit par M. P. Sehœnfeld, dans la Zeitschrift für bildende Kiinst, 1880, p. 298 et suiv.

2. Ce palais a été publié par M. Boffi, à Milan, chez Hœpli, en 1886 : Il Palaçço Vitelleschi in Corneto Tarquinia; un vol. gr. in-fol. Une gravure de la façade a paru dans la Renaissance an lenibs de Charles VIII, p. 1 65 ; une gravure d’une des fenêtres, ci-dessus, p. 892.

Etude d’aigle couronnée.

D’après un dessin de Pisanello. (Musée du Louvre.)

Frise d’une cheminée du palais ducal d’Urbin.

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