SIENNE
Dans la même villa, Cosimo Rosselli peignit, pour l’église Saint-Martin, Nicodème sculptant le fameux erucitix de Lucques; Filippino Lippi y exécuta différents ouvrages. Un des plus habiles d’entre ces artistes en marqueterie (« intarsiatori »), alors estimés à l’égal des peintres (et de fait ils peignaient avec des lamelles de bois), Cristoforo Canzio de Lendinara, fut appelé pour exécuter les boiseries du Dôme1 2 3.
Avant de quitter la Toscane, rappelons qu’il n’est pas une bourgade qui n’ait été tributaire de ce vaste centre d’exportation artistique qui s’appelle l’atelier des délia Robbia. Dans leur consciencieux travail, MM. Cavallucci et Molinier n’ont
Le tombeau d’IIaria del Caretto, par Giacomo délia Quercia. (Cathédrale de Lucques.)
pas inventorié moins de 238 terres-cuites, conservées de nos jours encore, en dehors de Florence, dans les différentes parties de la Péninsule, mais surtout en Toscane*.
Une seule ville de Toscane, Sienne, la rivale et l’ennemie séculaire de Florence, semble braver ces envahisseurs d’un nouveau genre’. Ses ressources en matière d’art ne sont-elles pas infinies, ne lui permettent-elles pas de s’isoler sans abdiquer et de soutenir le blocus le plus rigoureux? Il importe de rechercher avec soin, car nous touchons ici à un problème historique particulièrement curieux, comment cette République en miniature a pu maintenir son prestige plus d’un siècle durant et défrayer d’artistes toutes les parties de l’Italie4. Sienne,