Les Délia Robbia. Paris, Rouam
3. Bibl. : G. Milanesi, Documenti per la storia dell' Arte seuese. Sienne, Porri, 3 vol. in-8°, 1 8.54- 1 856 ; ouvrage magistral, que chaque province italienne devrait tenir à honneur d’imiter. — G. Robert de Fleury, la Toscane au moyen âge. Architecture civile et militaire. Paris, 1866, in-fol.
4. En 1428,1a corporation des peintres de Sienne ne comptait plus que trente-deux membres
pendant tout le moyen âge, s’était appliquée à maintenir la pépinière artistique qui taisait sa principale prospérité; on y devenait peintre ou sculpteur, comme ailleurs on devenait tisserand ou charron. Au début du quinzième siècle, c’était par centaines encore que se chiffraient ses architectes, ses peintres, ses miniaturistes, ses sculpteurs, ses orfèvres, ses brodeurs. Une tradition séculaire et la concurrence de tous les jours garantissaient, sinon un niveau de goût très élevé, du moins une habileté professionnelle fort grande, et de fait, pendant toute la première Renaissance, nulle part on ne peignait plus proprement « a tempera», nulle part on n’apportait plus de conscience à l’exécution technique, surtout lorsqu’il s’agissait des arts décoratifs, où ce point de vue domine : les ouvrages en ferronnerie, en marqueterie, en broderie ne cessaient de se distinguer par leur fini extrême. Aussi les Siennois continuèrent-ils, jusque vers la fin du quinzième siècle, à compter une clientèle respectable dans les environs, clientèle recrutée exclusivement parmi les attardés ou les indifférents.
La cathédrale d’Orvieto, notamment, persista jusqu’après iq5o à leur demander ses maîtres d’œuvre; représentants attitrés du style gothique, ils avaient leur place marquée auprès de tous les édifices gothiques en voie de construction, et le nombre en était grand en Italie. C’est à ce titre, mais à ce titre seulement, que Jean Galeaz Sforza invita les Siennois, en 1490, à prendre part au concours pour l’achèvement du Dôme de Milan.
Le Magistrat de Sienne tirait évidemment vanité de l’autorité qu’il exerçait sur des compatriotes illustres : il aimait à se faire prier par de puissants solliciteurs, afin de se donner de l’importance. On le voit à la jalousie avec laquelle il surveille son Francesco di Giorgio Martini. Vers 1490 notamment, il lui fallut répondre à un déluge de requêtes : le duc de Calabre, Jean délia Rovere, préfet de Rome, Virginio Orsini, les Anciens de Lucques, le duc de Milan réclament presque simultanément le concours du fameux ingénieur et architecte. L’absence de Francesco se prolonge-t-elle, vite la Seigneurie lui rappelle ses devoirs, lui enjoint de revenir, le menace de le mettre à l’amende, comme elle l’avait fait pour Giacomo délia Quercia.
Sienne est la première ville qui nous fournit l’occasion de vérifier cette loi historique, que la Renaissance était surtout faite pour les populations des plaines, et qu’elle rencontrait de sérieux obstacles dans les villes montueuses. Nul style ne se prêtait mieux que le style gothique, avec la dyssymétrie qui lui était chère, avec sa recherche du pittoresque, ses caprices, ses surprises, aux accidents de terrain. Cette cathédrale qui se développe sur un monticule, ce baptistère
(Gaye, t. II, p. 3 1), qui rayonnaient toutefois encore dans différentes parties de l’Italie, avec cette différence que, où l’on en occupait une demi-douzaine au siècle précédent, on n’en occupe plus qu’un de loin en loin. Entre 1402 et 1405, on trouve à Palerme le peintre siennois Niccolô di Magio (di Marzo, I Gagini, t. I, p. 20); entre 1407 et 1415, à Gênes, un autre peintre siennois, Francesco, et en 141.5 son compatriote Pietro (Alizeri, Notifie, t. I, p. 210-214); en 14.38, Domenico Bartolo peignait à Pérouse; en 1478-1480, Francesco da Siena à Naples; en 1497, un miniaturiste siennois travaillait à Orvieto pour le Dôme, etc., etc.