Voyez ci-dessus, p
La Madone et l’Enfant Jésus, par Jacopo della Quercia (Eglise San Petronio a Bologne.
E. Münlz. — I. Italie. Les Primitifs.
s’agissait plus en effet de reproduire des formes inventées en vue d’un climat particulier, mais de s’inspirer librement de cette interprétation du corps humain que les Grecs avaient formulée à l’usage de l’humanité entière. Les modèles grecs furent surtout mis à contribution par Ghiberti, dans sa seconde porte, puis par les sculpteurs vénitiens, tandis que Donatello et son école s’en tinrent de préférence aux modèles romains, c’est-à-dire à des modèles infiniment moins purs.
Limitée dans les statues, l’influence antique est au contraire prépondérante, parfois écrasante, dans les reliefs, qu’il s’agisse de figures nues (Donatello, Ghiberti , Jacopo délia Quercia), de costumes, d’attributs, d’ornements et d’accessoires de toute sorte, ou de la manière même de disposer les compositions : les unes, trop touffues et aux saillies exagérées procédant des sarcophages romains 1 ; les autres, comme certaines figures de Ghiberti, of-
Buste du prophète j-érémie (fragment), par Donatello. (Campanile dtrdôme de Florence.)
frant toute la légèreté et toute la la statuaire grecque;
d’autres, encore inspirées des stucs antiques, ces stucs dont les fouilles de la Farnésine viennent de remettre au jour des modèles d’une finesse parfaite, et dont les quattrocentistes connaissent à coup sûr beaucoup plus de spécimens que nous.
Mais venons-en aux qualités distinctives des quattrocentistes.
Quel était le type, le canon, l’idéal de beauté que la sculpture italienne renaissante s’est appliquée à réaliser? Pour bien saisir les données du problème, il faut admettre a priori que les sculpteurs florentins, ayant imposé leur goût au reste de la Péninsule, ont forcément répandu partout le type qui leur était familier, c’est-à-dire celui de Florence. Aussi 11’est-ce pas l’opulence des formes romaines que nous voyons triompher, mais la maigreur et la fierté propres aux
I. Voy. Lübke, Gescbichte der Plastik, 2° édit., t. II, p. 528.