LES DRAPE R I1CS
s’adresser sans cesse, non comme Ghiberti aux délicats et aux raffinés, mais aux esprits véritablement libres, forts et virils.
Aux draperies trop souvent en cuir ou en caoutchouc de Donatello, si éloignées des beaux plis parallèles de la statuaire antique, il faut opposer les draperies des délia Robbia, simples, amples, graves, d’un jet facile et naturel, et quelquefois d’un arrangement véritablement heureux, par exemple dans la figure de l’Ange annonçant à la Vierge ses glorieuses destinées. Les délia Robbia savent aussi, par contre, emmailloter avec un art parfait les « babies » de l’Hospice des Innocents. En outre, quoiqu’ils se soient forgé une sorte de costume idéal, moitié antique, moitié chrétien, ils ne dédaignent pas certaines ressources de la toilette de leur temps : notons leurs manches collantes, retenues deci delà par des boutons, ouvertes ailleurs.
Donatello se présente à nous sous des faces si multiples, que, loin de se piquer d’être conséquent avec lui-même, il fournit à tout instant à ses imitateurs ou à ses adversaires le moyen de le battre avec ses propres armes. Dans quelques-uns de ses bustes ou de ses médaillons, notamment dans ses Vierges et ses Saintes, il avait adopté un système de draperie d’une grâce et d’une légèreté extrêmes, presque une gaze jetée sur les membres, les couvrant sans les . voiler. Agostino di Duccio développa cette donnée et créa le système des draperies transparentes qui plaquent sur les corps comme du linge mouillé. Mino de Fiesole, tout en ajustant ses draperies, leur fit souvent dessiner des plis
parallèles très élégants, qui rappellent la toile enduite de „ , „
r b ’ ^ rr Statuette de Prophétesse.
cire. Puis, tout à coup, Verrocchio invente les draperies o* porte de Ghiberti.» chiffonnées, recroquevillées, aux cassures innombrables, réaction inconsciente contre les draperies grecques ou romaines, tandis que les Lombards emploient comme modèles des étoffes et des papiers mouillés et collés de manière à former des plis anguleux.
Dans la fixation des traits individuels, dans le portrait, le buste surtout, la sculpture a précédé la peinture; et cela en grande partie grâce à l’habitude alors si répandue de décorer les tombeaux de l’effigie du défunt'. Cet usage se rattache intimement à un autre, qui a peut-être encore plus contribué à donner de la précision à ces effigies : je veux parler de l’habitude prise dans chaque famille notable de Florence de faire exécuter un masque funéraire après le décès d’un de ses membres. « Au temps de Verrocchio, raconte Vasarr, l’usage