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2. Bibl. : Vasari. — Semper, die Vorheufer Donatellos. — Schmarsow : Annuaire des Musées de Berlin, 1887, p. 1 33- 1 53 ; 227-2.30.

lï. Müntz — 1. Italie. Les Primitifs.

sculptures exécutées à Florence par le maître arétin. Son activité s’y concentra sur le dôme. Il sculpta pour le campanile deux statues de Prophètes ou de Patriarches ( 1 3Ç3 à 1402); pour la tribune de Saint Zanobi, le Saint Marc assis (1408-1415), oeuvre froide et guindée, avec des arrangements de draperies du plus mauvais goût, dans le genre de ceux de la statue de Martin \ au dôme de Milan (gravée page 84), et sans effet d’ensemble.

Kntre les Prophètes et le Saint Marc se place la création la plus intéressante de Niccolô, celle qui lui a valu le surnom de Précurseur de Donatello, la décoration de la « Porta délia Mandorla », au dôme de Florence.

Ce que Piero di Giovanni Tedesco avait fait pour la porte nord, Niccolô di Piero le fit pour la porte sud, la porte qui reçut dans la suite le nom de « Porta délia Mandorla » (mot à mot, porte de l’Amande, à cause du bas-reliel en forme d’amande qui la surmonte. Assisté d’Antonio di Banco et de son fils Nanni di Banco, il multiplia dans les bordures (le corps meme de la décoration se compose d’anges à mi-corps) les figurines nues, vues de face ou vues de dos, et des scènes mythologiques nettement caractérisées (d’après M. Semper : Hercule et Cacus, Hercule et le lion de Némée, Hercule debout, un Triton soufflant dans un coquillage, une femme nue tenant d une main une corne d’abondance, de l’autre une grappe de raisin ; u n torse rappelant la Vénus de Médicis, etc.). Commencé en 1402, ce travail fut achevé en 1408'.

Ainsi voilà un fait acquis : avant Donatello, qui en 1402 ne comptait que

1. Dans le travail ci-dessus cité, M. Schmarsow a établi la ligne de démarcation entre partie due a Niccolô et celle qui a pour auteurs les di Banco.

DONATELLO

dix-huit ans a peu près, il s est trouvé une génération de sculpteurs appliquée à l’imitation de l’antique, et cette génération, à son tour, a été précédée de deux autres attachées aux memes études, les sculpteurs du dôme d’Orviéto et, avant eux, l’hcole de Pise'.

Essayons de tirer une conclusion de ces différentes données. Piero di Giovanni et Niccolô di Piero ont en effet précédé Donatello dans l’imitation des bas-reliefs antiques. Mais cette imitation n’a été qu’une des laces de l’œuvre de Donatello : outre que ses prétendus maîtres n’ont pas pu lui enseigner les lois intimes de la statuaire grecque ou romaine (ils n’y avaient vu que le côté idéographique et la prédilection pour les figures nues), la nature seule lui révéla le secret de faire frissonner, comme il l’a tait, ses créations, de leur donner, avec la verve, le pathétique, d’être enfin ce qui sera son éternel titre de gloire, Donatello le grand dramaturge.

Donatello*, de son vrai nom Donato di Niccolô di Betto Bardi, avait pour père un simple cardeur de laine; mais celui-ci, nature essentiellement ardente, était le digne héritier de ces fières corporations du moyen âge, prêtes à tout instant à sacrifier leur vie pour la liberté : la chaleur de ses convictions lui fit encourir d’abord l’exil, puis une condamnation â mort à la suite de l’assassinat d’un de ses adversaires politiques; il fut assez heureux pour obtenir sa grâce, et nous devons nous en féliciter autant que lui, puisque sans cette circonstance Donatello n’aurait pas vu le jour.

Cette leçon profita-t-elle au fils, ou bien celui-ci ne fit-il que céder aux suggestions d’un caractère extraordinairement calme? Toujours est-il que nul Florentin, même pendant cette période si pacifique du quinzième siècle, où les raffinements de la civilisation avaient comme assoupi les passions, ne s’occupa moins de politique. Ce ne fut pas la seule preuve d’indépendance donnée par le maître : jamais depuis l’antiquité on n’avait vu homme plus indifférent aux

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