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NANNI 01 BANCO.

incontestablement la plus correcte de toutes; on ne peut lui adresser qu’un reproche en quelque sorte négatif : elle manque de caractère et d’accent. Les Quatre Saints couronnes enfin, debout tous les quatre dans la même niche, sont des figures graves et recueillies. C’est au-dessus d’elles que se déroule le petit bas-relief, si curieux, représentant l’intérieur d’un atelier de sculpteur. Le choix du sujet a plus fait pour la réputation de ce bas-relief que le mérite du style (gravé page 04;).

Ce culte de la beauté, qui distingue Nanni di Banco et qui le rapproche à tout instant de Ghiberti, se retrouve dans la statue de Saint Luc assis ( 1 à 14 i5), sculptée pour la façade du dôme, et placée aujourd’hui sur la tribune de Saint Zanobi. C’est une figure juvénile, à la barbe courte, à la bouche fière, au nez droit, aux yeux légèrement fatigués (défaut assez commun aux figures du maître, d’après la remarque fort juste de M. Bode), au front noble, ombragé par des cheveux épais, avec un parfum de poésie et de noblesse qui fait trop souvent définit aux statues voisines de Niccolô di Piero et de Ciuffagni. Une attitude pleine d’aisance, des draperies amples, souples, mouvementées et cependant pleines de rythme, achèvent d’accentuer le contraste avec le Saint Jean de Donatello, placé quelques pas plus loin. Ces hautes qualités expliquent comment des connaisseurs tels que M. Cavallucci ont pu confondre l’œuvre de Nanni avec celle de Donatello, et voir dans cette statue juvénile le Saint Jean que l’on savait avoir été commandé à ce dernier.

Les bas-reliefs de la porte de la « Mandorla », au même édifice (postérieurs à l’année 1414), nous montrent, au centre, dans la « mandorla » (l’auréole en forme d’amande), la Vierge assise, tendant sa ceinture à saint 1 bornas agenouillé dans le bas. Ces deux figures appellent une comparaison avec celles du fameux tabernacle d’Orcagna à Or San Michèle. On s’aperçoit, au premier coup d’œil, que le saint de Nanni est presque textuellement copié sur celui de son prédécesseur du quatorzième siècle, avec cette différence que son attitude est beaucoup moins expressive, moins éloquente. Dans la figure de la \ ierge, Nanni prend sa revanche; il y montre plus de liberté et de grâce. Dans les anges enfin qui voltigent aux côtés de la Vierge, le quattrocentiste s est élevé à une beauté de type, à une noblesse de conception, absolument dignes de Ghiberti. Il y a sacrifié les préoccupations réalistes de Donatello pour ne s’attacher qu’à la recherche des lignes les plus pures, de 1 expression la plus suave, et il y a réussi1.

Portrait de Nanni di Banco.

(D’après la gravure publiée par Vasari.)

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