‹ Histoire de l'art pendant la RenaissanceChapitre 233 sur 337 · Voy. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus, p

2. Commentaires ; trad. Perkins (Ghiberti et son École, p. 127-128).

achèvement (il n’y mit pas moins de vingt et un ans, comme on le verra). L’artiste devait livrer trois bas-reliefs par an. Il était libre de s’adjoindre, outre son beau-père Bartoluccio, les collaborateurs dont il jugerait le concours nécessaire. En 1407, nouvelle convention. Ghiberti, qui n’avait pas livré chaque année les trois bas-reliefs promis, s’engage à renoncer à tout autre travail et à travailler la journée entière, à raison de 200 florins par an, le prix des journées non employées au travail devant être défalqué de son salaire. Il devait exécuter luimême les figures, les arbres et autres morceaux analogues (plus tard on spécifia qu’il exécuterait de sa main les parties nues des figures, les cheveux, etc.).

La première porte de Ghiberti fut mise en place en 1424; elle pesait 34000 livres et avait coûté 16204 florins. Les deux vantaux comprennent vingt- huit bas-reliefs, représentant les principales scènes du Nouveau Testament, disposées dans l’ordre chronologique, en commençant par le bas. Chaque bas-relief a un encadrement spécial, enrichi de feuilles de lierre, et orné d’une tète de prophète ou d’une tête de sibylle. Les huit derniers bas-reliefs contiennent les figures des Evangélistes et des Docteurs de l’Eglise. Voici la liste des sujets : V Annonciation, la Nativité, Y Adoration des Mages, le Christ parmi les docteurs, le Baptême du Christ, la Tentation du Christ dans le désert, les Vendeurs chassés du Temple, la Barque de saint Pierre, la Transfiguration, la Résurrection de La~are, Y Entrée du Christ a Jérusalem, la Sainte Cène, le Christ au jardin des Oliviers, le Baiser de Judas, la Flagellation, le Christ devant Pilate, le Portement de croix, la Crucifixion, la Résurrection du Christ, les Saintes Femmes au tombeau du Christ.

Examinons le style de ces compositions. Elles procèdent avant tout de l’art gothique, comme types, attitudes, costumes, ordonnance. Ghiberti a pris pour modèle la porte de son prédécesseur André de Pise. Il s’est efforcé de se pénétrer de ce qu’il y avait d’harmonie, de recueillement, de simplicité dans ces belles et grandes figures. Ce qu’il a ajouté aux qualités d’André de Pise, c’est la souplesse, une plus grande variété et richesse de composition, une vie plus intense, une grâce plus parfaite. Ne cherchons point chez lui le parti pris d’un Donatello; il s’assimile les qualités de ses prédécesseurs, sauf à les compléter par des qualités nouvelles; il ne rompt pas brusquement avec eux. Il arrive ainsi à créer des costumes intermédiaires entre ceux du moyen âge et ceux de la Renaissance, des manteaux aux longs plis réguliers, et une architecture mixte, non encore franchement antique. Dans ses types et ses attitudes, il préfère la gravité à la

vivacité; renonçant aux scènes trop mouvementées, il dispose ses ligures avec symétrie, en les subordonnant aux exigences de l’architecture. Nulle recherche encore des effets de perspective, qui tiendront une si grande place dans la seconde porte. J’ajouterai que, comparée à l’admirable Sacrifice d' Abraham, la première porte marque plutôt un recul. — Le tout, pour employer les expressions mêmes de Ghiberti, est fait soigneusement et avec amour, avec un très grand talent et une très grande discipline : « condotta con grande amore diligentemente..., con grandissimo ingegno e disciplina ».

Les deux portes du Baptistère absorbèrent la vie de Ghiberti, et nul, à coup sûr, ne trouvera qu’il ait mal employé son temps. Aussi les autres travaux exécutés par le sculpteur florentin sont-ils en petit nombre et d’importance secondaire. Avant de passer à l’examen de la seconde porte, étudions les principaux d’entre eux. Ce sont, pour la période de î qoo à 1424 : à Or San Michèle (1414 et années suivantes), les statues en bronze de Saint Jean-Baptiste, de Saint Mathieu, de Saint Etienne, peut-être aussi de Saint Jacques, figures pleines de finesse, de distinction et de suavité, mais qui n’ont pas l’allure de celles de Donatello, auxquelles elles font pendant. Le souffle manque à Ghiberti quand il s’attaque à des tâches aussi considérables; l’orfèvre prime constamment chez lui le sculpteur; le fini l’emporte à ses yeux sur la fougue. La plus distinguée de ces statues est celle de Saint Etienne, avec son expression de sérénité et de résignation, ses draperies harmonieuses et pures. Chez le Saint Mathieu, les draperies manquent d’ampleur et ont quelque chose d’étriqué.

Ghiberti exécuta en outre un certain nombre de dalles funéraires, dont on trouvera le détail dans les ouvrages spéciaux1.

L’importance de ces différentes commandes ne fit pas abandonner à Ghiberti la pratique de l’orfèvrerie. En 1417, il dessina deux chandeliers en argent pour l’oratoire d’Or San Michèle; en 1414, il cisela une mitre d’or avec huit demifigures (c’est-à-dire des figures à mi-corps) et un bouton de chape avec le Christ bénissant pour le pape Martin V.

Il s’essaya aussi à diverses reprises dans l’architecture, travaux secondaires qui ne méritent pas d’être signalés ici (voy., pour sa collaboration à la coupole du Dôme, les pages 446 et suiv.).

Le 24 avril i|25, Ghiberti reçut la commande de la seconde porte du Baptis-

Page 1