Voy. ci-dessus, p
2. Bibl. : Vasari, édit. Milanesi. — Crowe et Cavalcaselle. — • Le Cicerone. — H. Layard, The Braiicacci chape! . Londres, Arundel Society, 186S. — - A. de Zahn : Jahrbiicher für Kunstwis-
Masaccio (augmentatif de Tommaso) naquit le 21 décembre 1401, à Castello San Giovanni di Valdarno, où l’on montre aujourd’hui encore sa maison paternelle1. Il était, comme Brunellesco, fils d’un notaire, mais d’un notaire qui n’avait pas eu le temps de faire fortune, car il était mort fort jeune ; dès 1427, en effet, la mère de Masaccio était veuve d’un second mari. Un frère, plus jeune que Masaccio, Giovanni, se voua comme lui à l’étude de la peinture. Vasari, au témoignage duquel les documents découverts dans les dernières années sont venus donner sur bien des points une éclatante confirmation, nous trace un portrait des. plus bizarres du jeune Masaccio : « Il était, dit-il, distrait, capricieux, comme celui qui, ayant fixé tout son esprit et toute sa volonté sur les choses de l’art, se soucie médiocrement de lui-même et moins encore des autres. Et parce qu’il ne pouvait jamais se résoudre à penser aux affaires de ce monde, et même pas aux soins de son habillement, et qu’il négligeait d’autre part de réclamer de l’argent à ses débiteurs, si ce n’est quand il se trouvait dans le plus grand besoin, pour ces motifs, au lieu de Tommaso, qui était son vrai prénom, tous l’appelèrent Masaccio2, — non qu’il fût vicieux, c’était la bonté en personne, — mais à cause de sa bizarrerie qui ne l’empêchait pas de se montrer affectueux vis-à-vis d’autrui, prêt à rendre service et à faire plaisir plus qu’on ne saurait dire. »
Pour la postérité, ce sobriquet de Masaccio rappelle un mélange de gloire et d’infortune, les luttes d’un artiste de génie qui eut à compter avec la pauvreté la plus amère, une fin prématurée et déplorable. Nous ne pouvons nous défendre d’une douloureuse émotion au souvenir de cet adolescent né pour les plus hautes destinées et qui, mort à l’âge de vingt-sept ans seulement, a laissé un nom impérissable.
Vasari parle de l’amitié qui unissait Masaccio à Donatello et à Brunellesco. Nul doute que le jeune peintre n’ait été initié par Donatello aux lois des proportions et de la physionomie, et par Brunellesco, à qui il faut ajouter Ghiberti, aux lois de la perspective.
Mais à côté des leçons données au jeune peintre par ces hommes de génie, il faut signaler l’influence plus spéciale d’un habile peintre toscan, Masolino da Panicale; nous devons une notice développée à celui qui fut le maître direct de Masaccio.
Né à Panicale di Valdesa, dans les environs de Florence, en 1 383, ainsi
senschaft, 1869, p. i55-i70. — Thausing : Zeitschrift für bildende Kunst , t. XI, p. 22.5-238.
— Knudtzon, Masaccio og den Florentinske Malerkonst paa hans tid. Copenhague, 1875 (documents intéressants, mais quelle idée de les commenter dans une langue aussi peu accessible ! ).
— Le vicomte Delaborde, Des œuvres et de la manière de Masaccio. Paris, 1876 (extr. de la Galette des Beaux- Art s).
1. Marcantelli, la Casa paterna di Tommaso detto Masaccio Guidi da San Giovanni. San Giovanni, 187.3.
2. La terminaison « accio » comporte en italien un sens défavorable.