‹ Histoire de l'art pendant la RenaissanceChapitre 278 sur 337 · IC. Münlz. -- I. Italie. Les Primitifs · texte numérisé non relu

IC. Münlz. -- I. Italie. Les Primitifs

la cour des rois de Naples. Chargé de terminer, au Palais ducal de Venise (1422), la décoration de la salle commencée par Gentile da Fabriano1, il remplit la même mission à Rome, dans la basilique du Latran, où il travaillait en iq3i et 1 482 2 . En 14.35 il résidait à Ferrare, où il offrit à Lionel d’Este un portrait de Jules César ; il y reparut en 1441; vers 1488 il retrouva l’art du médailleur, si longtemps ignoré, invention appelée bientôt à une brillante fortune. Recherché des grands, chanté par les humanistes, il semble avoir mené une existence assez enviable, jusqu’à ce que la mort le surprit, à Rome peut-être, vers iq5i.

Pisanello forme un singulier agrégat de réminiscences gothiques, avec lesquelles il eut beaucoup de peine à rompre, de laborieuses études d’après l’antique, de recherches originales et indépendantes. Dans ses dessins nous le voyons à tout instant s’évertuer à copier les modèles romains, tâche dont il s’acquittait fort mal, imitant ici les Dioscures de Monte Cavallo (Bibliothèque Ambrosienne à Milan), là des médailles (recueil Vallardi au Louvre), ou encore des bas-reliefs avec des scènes mythologiques, quelque chose comme Hercule brandissant sa massue (même recueil) ou une Divinité couchée , nue jusqu’à la ceinture, tenant une corne d’abondance et ayant à côté d’elle un Eres appuyé sur son arc (Cabinet des estampes de Berlin), enfin prenant aux artistes de la Rome impériale l’idée de sa grande invention, les médaillons à effigies. Mais là n’est point le secret de sa supériorité : il réside tout entier dans son naturalisme, dans cette vision fine et distinguée, dans cette faculté de discerner les formes les plus caractéristiques.

D’où sortait ce novateur? Vasari, qui a fait des quiproquos sans nombre dans sa biographie, lui donne pour maître Andrea del Castagno. Mais rien de moins vraisemblable. D’autres ont fait de lui le disciple des Allemands ou des Flamands, si nombreux à Vérone ou à Padoue, et, de fait, il semble leur avoir pris, avec le goût pour les paysages fouillés et touffus, quelques-uns de ces costumes étranges. Ses contemporains déjà, et notamment son biographe Fazio, remarquent l’abondance des types et des costumes germaniques dans sa fresque du Palais ducal de Venise représentant Y Empereur Frédéric Barberousse : « magnum cœtum germanico corporis cultu oris atque habitu ». Mais nous avons vu ailleurs (page 890) combien de germes de cette nature se cachaient chez les derniers Giottesques. Aussi recommandons-nous à toute l’attention de nos lecteurs l’iiypothèse de MM. Crowe et Cavalcaselle, qui croient reconnaître en Pisanello l’imitateur de Lorenzo Monaco et de Pietro da Montepulciano, influencé plus tard par Gentile da Fabriano3.

1. Cf. ci-dessus, p. 1 65- 1 ô6. Le British Muséum possède plusieurs dessins se rapportant à ces fresques.

2. C’est pendant ce séjour que Pisanello aurait écrit la lettre reproduite dans l 'Inventaire des autographes... de M. Benjamin Fillon; Paris, 1879, IXe série, p. 121. Mais, selon toute vraisemblance, il s'agit d’une mystification, car personne n’a jamais pu voir la lettre signalée par M. Fillon.

3. Pisanello s’est également inspirés de Donatello mais d’une manière accidentelle. Un des

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