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FRA FILIPPO LIPPI

.on éprouvé une sorte de délassement à retrouver des artistes aux aspirations moins transcendantes, mais plus aimables, se laissant aller sans parti pris aux impressions du moment, pleins de respect pour la tradition, mais accessibles également à la nouveauté.

A cette seconde catégorie appartient le peintre capricieux, bizarre, irrégulier, capable de s elever très haut et risquant parfois de tomber fort bas, qui s’appelle Fra Filippo Lippi * .

Vers 1406 naissait à Florence, dans la via Ardiglione, près du couvent des Carmes, un enfant qui reçut le nom de Filippo.

Sa mère ne survécut guère à sa naissance, et son père, qui était boucher, la suivit de près :

Filippo n’avait pas deux ans quand il se trouva orphelin. Une tante prit soin de lui; mais, comme elle était fort pauvre, dès qu’il eut atteint l’âge de huit ans elle le mit au couvent des Carmes. Là l’enfant se distingua à la fois par sa dextérité manuelle et par la paresse de son esprit. A peine put-il apprendre ce qu’il lui fallait de lettres pour faire son noviciat. Il ne cessait, par contre, de couvrir de dessins ses livres et ceux des autres. Aussi le prieur, loin de contrarier sa vocation, comme le Lisaient tant de pères, lui accorda-t-il toutes les facilités.

Masaccio venait de terminer, au couvent même des Carmes, ses immortelles fresques : la chapelle peinte par lui devint l’école du jeune Filippo; celui-ci ne tarda pas, dans ses copies, à l’emporter sur la jeunesse artiste de Florence, qui dès lors se pressait devant ces chefs-d’œuvre. L’âme de Masaccio, disait-011, était entrée en lui.

Le premier ouvrage qui mit Filippo Lippi en vue fut une peinture en camaïeu, en « terra verde », exécutée dans le cloître du couvent, Un pape confirmant la règle des Carmes. Il enrichit de différentes autres compositions, qu’il serait trop long d’énumérer ici, la maison où il reçut si longtemps l’hospitalité. En 140 1 il quitta le couvent et, ce semble, l’ordre des Carmes, pour des raisons que l’on ignore. On ne saurait douter cependant qu’il n’ait été ordonné prêtre, car il ne cessa de porter l’habit ecclésiastique, même dans les périodes les plus profanes d’une existence passablement aventureuse; on le voit en outre remplir les fonctions de prieur ou de chapelain, soit à Florence, soit dans les environs. Mal

1 . Bibl. : Baldanzi, ddle Pitture di Fra Filippo Lippi . . . Prato, i835. — Crovve et Cavalcasellc. — G. Milanesi : l'Art, 3° année, t. IV ; 4e année, t. I.

Portrait de Fra F. Lippi, d'apres un tableau du maître.

(Académie de Florence.)

E. Müntz.

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