LES PEINTRES PE VENISE
limpide, caractérisent le Couronnement de la Cierge (1440) et la Madone entre les Docteurs de V Église (1446), tous deux à l’Académie de Venise'. On ignore
Saint Jérôme et Saint Grégoire (fragment), par Johannes de Alemania et Antonius de Murano. (Académie des Beaux-Arts de Venise.)
comment prit fin l’association si intéressante entre l’artiste de Murano et l’artiste allemand, comme aussi ce que devint ce dernier; son souvenir semble toutefois être resté assez vivace : en 1462 encore, un certain Quirico
I. Nous donnons ci-contre le coté gauche de ce tableau; quant au centre, il a été reproduit ci-dessus, p. 333.
E. JVlüntz. — I. Italie. Les Primitils.
se proclamait son disciple dans un tableau de la galerie de Rovigo1.
Bartolommeo Vivarini, le frère et le collaborateur d’ Antonio, et plus encore Luigi Vivarini, puis Carlo 'Crivelli, Antonello de Messine et enfin les fils de Jacopo Bellini (voy. pages 642-644), Giovanni et Gentile Bellini, appartiennent à une période déjà plus avancée et représentent un nouvel effort de l’Ecole vénitienne. Nous avons cru devoir leur réserver, dans notre second volume, un chapitre à part, où ils figureront à côté de Cima da Conegliano, de Vittore Carpaccio et de plusieurs autres coryphées de cette Ecole dès lors si profondément coloriste.
A l’extrémité opposée de l’Italie, à Gênes, c’est un ultramontain également, Juste d’Allemagne (Juste de Ravensbourg), qui représente l’essai de conciliation entre les éléments mystiques, chers au moyen âge, et les conquêtes du naturalisme. Dans Y Annonciation, peinte à fresque sous une loge du vieux couvent dominicain de Santa Maria di Castello (iqSi), ce peintre mystérieux (qu’il faut bien se garder de confondre avec son homonyme Justus de Gand, fixé à Urbin) s’efforce d’allier la suavité de l’expression et la richesse des accessoires à la précision des formes, qu’il tient, non des Florentins, mais des Flamands, ainsi qu’à l’originalité du coloris, pour lequel il s’inspire des miniaturistes. On trouve plus d’harmonie, je veux dire une fusion plus complète de la poésie septentrionale et de la correction classique, dans Y Annonciation du même artiste, aujourd’hui un des joyaux de l’Ecole flamande primitive au Musée du Louvre2.
1. D’après les recherches de M. Cecchetti, « Giovanni d’Alemagna » cultivait également la sculpture (probablement la sculpture en bois) : un document le qualifie de « intaiator » (intagliatore). (Archivio veneto, 1887, t. XXXIII, p. 11.)
2. J’ai publié une description détaillée dé la fresque de Gênes et une gravure du tableau du Louvre dans la Renaissance au temps de Chartes VIII, p. 277-279. — Cf. Alizeri, Notifie dei Professori del disegno in Liguria, t. I, p. 3i 7, 407-41 1.
Le Père Éternel (fragment de l’Annonciation). Par L. délia Robbia (Vernia).
Encadrement composé, de fragments de la bordure de la 2* porte de Ghiberti. (Baptistère de Florence.)
Inscription du tombeau de l’ex-pape Jean XXIII. par Donatello et Michelozzo. (Baptistère de Florence.)