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LA GRAVURE

Si la plupart de ces productions sont étrangères à toute notion d’art et ne se

recommandent à notre attention que par leur antiquité, plusieurs montrent au contraire avec quelle netteté les Italiens du temps se rendaient compte des règles de la gravure sur bois : les illustrations du de Re militari de Valtuno, publie a

E. Müntz. — I. Italie. Les Primitifs.

Vérone en 1472, comme il vient d’être dit, celles des Décrétales d'innocent IV, des Opuscules de Philippe de Barbari, brillent par une précision et une sobriété qu’on n’eût pu souhaiter plus grandes. A la pureté du trait se môle déjà je ne sais quelle distinction tout italienne. La Renaissance n’avait donc pas tardé à s’assimiler le procédé qui promettait à l’art tant de triomphes, ainsi que l’incomparable moyen de propagande.

Vis-à-vis de la Renaissance, plus que vis-à-vis de n’importe quelle autre

période, l’histoire a le devoir, le strict devoir, de venger d’un inqualifiable dédain ce que l’on est convenu d’appeler les INDUSTRIES d’art, les ARTS DECORATIFS1, Ces manifestations si importantes, qui n’ont d’autre tort que de ne s’être pas produites au moyen d’un çles procédés officiellement reconnus par l’esthétique du siècle de Louis XIV. C’est à cette époque, en effet, c’est à cette évolution qui a détourné si loin de sa donnée primordiale l’ancien génie tranco-gaulois, qu’il finit faire remonter la proscription de tout ouvrage de peinture qui n’était pas exécuté soit à la fresque, soit à l’huile, de toute sculpture qui n’avait pas pour matière constituante le marbre ou le bronze, de toute gravure obtenue autrement qu’à l’aide du burin ou de l’eau-forte. U11 modeleur en terre cuite de la valeur de Luca délia Robbia, un verrier tel que Guillaume de Marcillat ou Jean Cousin, un orfèvre de génie — et nous- avons vu que la plupart des artistes supérieurs du quinzième siècle débutaient par l’apprentissage de l’orfèvrerie, — eussent frappé en vain, pendant tout le règne du roi-soleil, à la porte de l’Académie royale de peinture et de sculpture ou de l’Académie royale d’architecture, ces compagnies illustres en qui se personnifiaient l’étroitesse l’esprit et l’intolérance de la nouvelle esthétique.

Aveuglement plaisant, en vérité : l’idée ne comptera pour rien, la matière pour tout; la même figure peinte sur panneau obtiendra les suffrages les plus flatteurs, tandis que peinte sur verre elle sera reléguée dans la catégorie des productions industrielles : contradictions d’autant plus inexplicables que Charles

1. Bibl. : Labarte, tes Arts industriels au moyen âge et à l'époque de la Renaissance, 2‘ édit., 3 vol. in-40, pl. Paris, 1872-1875. — Bûcher, Gescbichte der technischen Kiinste. Stuttgard, Spemann, t. I, 187.5. — Urbani de Ghelthof, les Arts industriels à Venise. Venise, i885. — Les catalogues du Musée de S. Kensington, à Londres.

Soldat cherchant à enfoncer une porte.

(D'après l’ouvrage de Valturio.)

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