‹ Histoire de l'art pendant la RenaissanceChapitre 297 sur 337 · Voyez plus haut p. 4 1 5-q · texte numérisé non relu

Voyez plus haut p. 4 1 5-q

3. Drury Fortnum, A descriptive Catalogue of the bronzes... Londres, 1876. — De Cham-

peaux , Dictionnaire des Fondeurs, Ciseleurs, Modeleurs en bronze et Doreurs depuis le moyen âge

jusqu’à l’époque actuelle, t. I. Paris, Rouam, 1886.

jusqu’aux approches du seizième siècle, à ce que l’on pourrait appeler les traditions et les habitudes d’atelier : la céramique, inféodée, pour le coloris comme pour le dessin, au style arabe; la mosaïque de marbre, attachée aux errements du style byzantin; les étoffes brochées, qui répétèrent indéfiniment des motifs orientaux.

Je n’irai pas jusqu’à prétendre que la Renaissance a surpassé le moyen âge par la richesse ou par le fini des bijoux, des costumes, des ornements de toute sorte, à l’aide desquels elle se plaisait à embellir l’existence, à masquer le spectacle du « struggle for life » : du moins le goût et la passion des belles choses se répandirent-ils rapidement dans toutes les classes de la société, s’étendirent-ils jusqu’aux meubles, jusqu’aux armes, instruments, outils et ustensiles les plus humbles, tandis que, par contrecoup, amateurs et décorateurs s’efforcaient de fondre en un tout harmonieux ces productions si multiples et si raffinées. Tel salon du palais des Médicis, meublé sous la direction de Pierre, fils de Cosme, formait l’idéal du luxe discret, sobre et fin. Ailleurs on pouvait trouver plus d’éclat, une profusion plus grande de dorures, de glaces, d’astragales; nulle part, je l’affirme formellement, la pensée, — une pensée intime et caressante, — ne pénétrait et n’animait aussi complètement que chez les Médicis, et chaque fragment du mobilier — il n’en était aucun qui n’eût sa signification et sa raison d’être, — et l’ensemble même de cette réunion extraordinaire de chefs-d’œuvre, agencés non comme dans un musée, mais comme dans un salon de bonne compagnie.

Désireux de multiplier toutes les formes d’expression pour le beau, le quinzième siècle s’efforce, avec un égal empressement, de perfectionner les procédés que lui transmettait le moyen âge, de remettre en honneur ceux de l’antiquité classique ou de l’Orient, — glyptique, art du médailleur, damasquinerie, céramique, verrerie, — d’en inventer de nouveaux : la gravure, la niellure, l’émail peint, la terre cuite polychrome vernissée, etc. Néanmoins il est une matière et une technique qui à ce moment priment toutes les autres : on pourrait appeler la Première Renaissance I’age du bronze, car c’était bien la matière

Page 1