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LES OUVRAGES EN BRONZE

qu’elle se plaisait par-dessus tout à mettre en œuvre : elle ne le recherchait pas seulement pour les grandes sculptures monumentales (voy. page 5o8), elle le faisait intervenir sans cesse dans la vie journalière. Le bronze lui tenait lieu d’ustensiles en faïence, en verre, en ivoire, en bois, en fer.

Aussi , par une réaction fatale, son rôle diminuat-il au fur et à mesure que celui de la céramique, par exemple, grandissait.

Encriers , coffrets , mortiers, candélabres, armes, bénitiers , fonts baptismaux , canons historiés , grilles monumentales, il n’était instrument ou ornement petit ou grand que le bronze ne s’enorgueillît de fournir. Dans l’impossibilité où nous nous trouvons de citer, ne fût -ce que quelques types, accordons du moins une mention à la merveille des merveilles, à la grille de la chapelle « délia Cintola » (la ceinture de la Vierge), au dôme de Prato : cet admirable mélange de feuillage, d’oiseaux, de génies, tous pleins à la fois de vivacité et de style, fut commencé en 1438 par le sculpteur florentin Tommaso di Bartolommeo , surnommé Masaccio, continue en I 444 Mortier en bronze. (Musée du Louvre.)

l’orfèvre Bruno di ser Lapo

Mazzei, et terminé de 1461 à 1464 par Pasquino di Matteo de Montepulciano1.

Encrier en bronze au chiffre de Sigismond Malatesta. (Collection particulière à Rimini. D’après M. Yriarte.)

Nous commencerons notre esquisse par les arts du métal, autant dire par les

1. Lu frise gravée en tete du chapitre premier (p. 4t) reproduit une partie de lu gulle du Prato, avec un léger changement toutefois, 1 addition des armoiries des Medicis.

arts qui dérivent de la sculpture, car les médailleurs, les graveurs de sceaux, les orfèvres, les serruriers, sont-ils autre chose que des sculpteurs en petit! Nous aurons souvent, au cours de ces études, à insister sur l’action exercée, non par telle ou telle direction de style, mais par telle ou telle technique. L’influence byzantine au moyen âge n’a pas d’autre raison que l’habileté atteinte par les Grecs du Bas-Empire dans les branches spéciales. L’Italie de la Renaissance remit en honneur, je ne dirai pas un style, mais un ordre de représentations inconnu au moyen âge. S’inspirant de l’exemple des Romains, Pisanello s’efforça de fixer sur des bas-reliefs circulaires — des médaillons ou des médailles — les portraits de ses principaux contemporains, y compris le sien propre, ainsi que des emblèmes, des allégories, des devises, résumant tout un monde d’impressions dans ce cadre restreint1.

Rectifions , tout d’abord , une erreur fort répandue : les médailles du quinzième siècle sont coulées, non frappées; elles rentrent par conséquent dans l’art du sculpteur (qui procédait exactement comme pour la fonte d’un bas-relief), et non dans l’art du graveur en médailles, en monnaies ou en sceaux. C’est ce qui explique comment des peintres tels que le Pisanello ont pu exceller si rapidement dans cet art : il leur suffisait de savoir modeler; point n’était besoin de se familiariser avec le travail si long et si compliqué de la gravure. Je me hâte d’ajouter qu’un certain nombre de graveurs de monnaies cumulaient cette profession avec celle de médailleur, si tant est que l’on puisse appliquer le terme de profession à ce qui n’était souvent qu’un délassement intellectuel, un exercice presque fortuit : à cette catégorie appartiennent Lodovico de Foligno, Enzola, Orfini, etc.

Les Lombards, qui s’étaient si lentement mis à la sculpture monumentale, prirent leur revanche dans certaines branches accessoires, parmi lesquelles l’art du médailleur figure au premier rang. On ne saurait plus douter aujourd’hui que cet art, remis en honneur chez eux par le Pisanello, n’ait compté ses premiers et ses plus vaillants champions parmi les artistes de la haute Italie, à Vérone, à Padoue, à Venise, à Mantoue, en Dalmatie, à Milan2. Les Toscans

1. Bibl. : Armand, les Médailleurs italiens des quinzième et seizième siècles. 2e édit., 3 vol. in-8°, Paris, Plon. 1883-1887 (catalogue excellent). — Heiss, les Médailleurs de la Renaissance. Paris, Rothschild, 1881-1887, 7 v°h in-fol., pl. — Friedlander, die italienischen Schaumün\en des fiinfyehnten Jahrhunderts (i43o-i.53o). Berlin, Weidmann, 1882, in-40, pl.

2. Voy. les Précurseurs de la Renaissance, p. 43. J’ai montré, à la même place, le cas qu’il faut faire d’une hypothèse de M. Friedlænder, d’après laquelle des monnayeurs du nom de Sesto auraient gravé (non modelé) à Venise, en 1 363 et en 1417, des médailles représentant Galba et Alexandre. L’ancien directeur du Cabinet des médailles de Berlin s’est également

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