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2. Dans la Couronne Margaritique, composée au début du seizième siècle, Jean Lemaire des Belges fait de (.ristoforo un enfant de la Ville éternelle et le range parmi les orfèvres :

« Et toy, Romain Christophe Hiérémie. »

Revers de la médaille d'Isotta.

Par Matteo de’ Pasti.

L’ART DU MÊDAILLEUR.

reproduisent un motif très fréquent sur les monnaies de l’Empire romain.

Le Vénitien Giovanni Boldu, qui se qualifie lui-même de « pictor », s’est assuré un rang honorable parmi les médailleurs par sept pièces exécutées entre les années 1407 et 1466 : son propre portrait, ceux des musiciens Pietro Bono, Bruzelli de Ferrare et Niccolô Schlifer d’Allemagne, du poète vénitien Filippo Maserano et du médecin pisan Filippo Vadi, enfin de l’empereur Caracalla, dont il se crut obligé, par une inspiration bizarre, d’éveiller le peu sympathique souvenir. Ces médailles, d’une facture excessivement simple, ont la grande tournure indéfinissable que plus tard certains maîtres vénitiens, le Giorgione en tète, sauront donner à leurs créations : je ne connais rien de plus noblement conçu, ni de plus largement rendu que cet enfant nu assis à terre, et s’appuyant sur une tète de mort (revers du portrait de Boldu). Il n’y a que les artistes supérieurs pour produire une impression si profonde avec des moyens aussi élémentaires.

Andrea Guaccialotti ou Guazzalotti, né à Prato en iqfiS, aussi appelé Andrea de Crémone, était curé d’Aiolo, chanoine et collecteur des dîmes ecclésiastiques à Prato1. Ses médailles s’échelonnent de iq55 d 1481 ; parmi elles, celles des papes Nicolas V, Calixte III (gravées pages 89, 91), Sixte IV, du duc de Calabre et de l’évêque Nicolas Palmieri, tiennent le rang principal. Ce maître avait une tendance à exagérer le caractère de ses personnages : le Nicolas \ et le Calixte III sont de véritables caricatures. Sa facture est dailleuis laige, parfois brutale. — Guaccialotti mourut en 1 49-~ ou en I4D<)-

A la suite de ces maîtres hors ligne se présente devant nous une phalange d’artistes de second ordre, plus ou moins habiles. Ne pouvant décrire ou apprécier leur œuvre, je veux du moins rappeler les noms des principaux d entre eux : Niccolô (Baroncelli?), Amadio de Milan, Paolo de Raguse, Pietro de Fano, Antonio Marescotti de Ferrare, Jacopo Lixignolo et Baldassare hstense (voy. page .41), ces deux-ci également de Ferrare, Petrecini de Florence, M. Guidizani, originaire, à ce que l’on croit, de Venise, Cian Francesco Fnzola de Parme, Clemente d’Urbin, Lodovico fie Foligno, puis Pietro de Milan et Francesco Laurana, dont nous aurons plus d’une fois l’occasion de reparler. L. B. Alberti, Michelozzo et Filarete semblent aussi s’être essayés, a leurs heures perdues, dans la fonte des médailles.

Bien distincte de l’art du médailleur est la gravure des monnaies : là un

1. Friedlænder et Guasti, Andrea Guaqalolti scultore pratense. Prato, 1802.

E. Müntz. — I. Italie. Les Primitifs.

Portrait de Boldu, par lui-même.

moule dont on tire des épreuves en y versant du métal en fusion ; ici un coin

dont on se sert pour frapper.

Jusque vers le dernier tiers du quinzième siècle, les monnaies italiennes n’offrent encore qu’un intérêt assez restreint, les effigies en étant d’ordinaire bannies (voy. page 3 1). Cependant, dès 1427, 011 voit des maîtres de la valeur de Michelozzo graver les coins des monnaies de la République Florentine1.

La gravure de sceaux, confiée d’ordinaire à des orfèvres, jouait dès lors un rôle important, quoique ses compositions n’eussent pas encore la richesse, ni son style la suavité que leur donnèrent au siècle suivant Lautizio de Pérouse et Benvenuto Cellini. Notre gravure reproduit le sceau gravé à Rome, en 1478, par quelque orfèvre florentin , pour Thomas Léon en Bretagne2.

Sceau de Thomas James.

James, évêque de Saint-Pol de

Deux personnages affrontés.

Plaquette anonyme du quinzième siècle.

jours seulement par les efforts des de nos précédents chapitres (page la monographie

On appelle plaquettes les petits bas-reliefs en bronze, rectangulaires, ovales ou ronds, véritables moulages destinés d’ordinaire à conserver le souvenir de pièces d’orlèvrerie, tels que baisers de paix , boutons de chape, agrafes, « imprese » (emblèmes), que l’on fixait sur les chapeaux, boucles de ceinturon, pommeaux d’épée, pièces de harnachement, garnitures de colfrets, de salières, d’encriers, etc.

L’importance de cette série inestimable, reconstituée de nos

amateurs parisiens, a été indiquée dans un 262) : nous nous bornerons ici à renvoyer à véritablement définitive de M. Emile Mobilier '.

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