Voy. p
2. Voyez les différents témoignages réunis dans les Arts à la Cour des Papes, t. I, p. 6-7,
t. II, p. n3 et suivantes. . .
3. Ce nom rappelle celui du sculpteur « Johannes Andrea di Mesnagho », qui travaillait a
Rome en 1461 ( Les Arts ù la Cour des Papes, t. I, p. 200).
Taglia » de Gènes, « maestro di far cammei », travaillaient pour la cour de Naples (voy. page 116).
Les dates et les noms qui viennent d’être cités prouvent jusqu’à l’évidence que Laurent le Magnifique1 n’a pas été, comme on l’a prétendu, le restaurateur de la glyptique italienne : l’illustre amateur florentin s’est assuré assez de titres de gloire pour renoncer à celui-là. Il est surtout inexact d’avancer qu’il aurait tonde en iq58 une école de gravure en pierres dures : à ce moment Laurent n’avait que dix ans, et, malgré sa précocité, j’affirme que s’il s’intéressait alors aux écoles, c’était pour les fréquenter en qualité d’élève, et non pour les diriger en qualité de Mécène.
Dans le dernier tiers du siècle, deux personnalités se dégagent enfin de la toule. L’une, Giovanni delle Corniole, a pour patrie Florence; l’autre, Domenico dei Cammei, Milan. Nous aurons à étudier leur oeuvre dans notre second volume.
La menuiserie et I’ébénisterie suivent, cela va sans dire, les errements de l’architecture, mais avec plus d’indépendance qu’au moyen âge, époque à laquelle un fauteuil, un bahut, un dressoir, ressemblaient souvent à une cathédrale en miniature. Elles acceptent, en outre, avec plus d’empressement, quoiqu’elles mettent en œuvre les matières les plus rares, — l’ébène, l’ivoire, la nacre, — le concours des autres arts, et se recouvrent tantôt d’étoffes, tantôt de marqueteries, tantôt de peintures, ouvrant ainsi un nouveau domaine à la polychromie. Comme modèle de cette association discrète du tapissier avec le menuisier, on peut citer le fauteuil qui sert de siège au pape Sixte IV dans la fresque de Melozzo de Forli, reproduite ci-dessus; il a pour ornements du velours rouge, des franges mi-or, mi-rouge, et des rosettes d’or. Quant aux meubles à peintures, on sait quelle importance ils prirent, grâce principalement aux efforts du Florentin Dello 2 (page 622), à côté duquel il faut citer Domenico Veneziano (page 36), Neri di Bicci, et bien d’autres. C’étaient de véritables tableaux que les faces des armoires, des pupitres, des lits, des coffres de mariage (les cassoni ), des paravents, auxquels on peut adjoindre les boîtes et étuis de toutes sortes, les « deschi da parto », les boucliers de bois, et jusqu’aux tabourets destinés aux cardinaux dans les cérémonies de la cour pontificale. L’interven-
1 . A propos de la coupe Farnèse acquise par Laurent le Magnifique et aujourd’hui conservée au Musée de Naples, il n’est pas sans intérêt de rappeler que plusieurs archéologues, entre autres Brunn, la considèrent comme exécutée à l’époque de la Renaissance, et non pas comme antique. Mais nous savons que cette coupe *fut apportée de Rome par Laurent en 1471 : il faudrait donc que la glyptique eût été singulièrement en avance dès lors ( [Sitqungsberichte der K. Akademie der Wissenschaften in München, 1875).
2. Voy. Kinkel, Mosaik gur Kunstgesclnchte, p. 368-401. — Duc de Rivoli, Étude sur les Triomphes de Pétrarque. Paris, 1887 (extr. de la Galette des Beaux- ArL). — Voy. aussi J. H. Pollen, Ancient and modem Furniture and Woodwork in the South Kensington Muséum. Londres, Chapman et Hall, 1874. — A. de Champeaux, le Meuble. Paris, Quantin, t. I. (1888)..