‹ Histoire de l'art pendant la RenaissanceChapitre 310 sur 337 · OO · texte numérisé non relu

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peu d’épaisseur. Les fonds, au contraire, leur en donnant beaucoup, il se produit une échelle infinie de tons différents dans la même nuance d’émail. On comprend aussi, ajoute le marquis de Laborde, à qui j’emprunte les détails qui précèdent1, comment les orfèvres, sans être peintres, pouvaient, par l’habileté et la perfection du modelé de leurs ciselures, produire de véritables peintures, tout en n’étendant que des teintes plates sur leur travail de basse-taille.

S’il n’est point démontré que Jean de Pise, comme le rapporte le marquis de Laborde2, ait exécuté lui-même les émaux du maître autel de la cathédrale d’Arezzo, en 1286, il est du moins constant que Finiguerra, Pollajuolo, Francia et un nombre infini de leurs contemporains excellèrent dans cette ciselure polychrome, riche et chatoyante entre toutes.

L’émail peint semble avoir été cultivé de fort bonne heure en Italie. Dans les derniers temps, on a même essayé d’en revendiquer l’invention en faveur de la Péninsule3. La doctrine jusqu’ici reçue, doctrine notamment défendue par Labarte, dont les observations et conclusions doivent être accueillies avec la plus vive défiance, consistait à représenter les Italiens comme ayant copié les émaux de Limoges. Or M. Courajod a démontré que dès 146? Filarete ornait d’émaux peints une statuette équestre copiée du Marc-Aurèle du Capitole et aujourd’hui conservée à Y « Antiquarium » de Dresde, puis, que le seul émail peint français connu, appartenant à la seconde moitié du quinzième siècle, le portrait de jean Fouquet par lui-même, au Musée du Louvre, peut parfaitement se rattacher au vovage de cet artiste en Italie et vraisemblablement à ses relations avec Filarete.

L’émail champlevé fleurit principalement à Sienne, la ville la plus attachée à la tradition du moyen âge. Au quinzième siècle, il y a pour principal représentant Giovanni Turini (né vers 1384; voy. page 5po). On doit à cet artiste, outre le bénitier de la cathédrale de Sienne, la porte du tabernacle du baptistère de la même ville, aujourd’hui conservée à Vienne, dans la collection d’Ambras. Cette porte représente au centre le Christ tenant la croix , au-dessus la Trinité figurée par trois têtes accolées, et aux côtés la Vierge et Y Ange de l’Annonciation4. Les deux ouvrages se distinguent par un émail bleu d’un ton particulièrement doux et profond5.

Au nombre des émailleurs italiens du quinzième siecle, citons, a Florence, Bartoluccio, Ghiberti, Amerighi, Betto, Matteo Dei et Antonio del Pollajuolo, qui exécutèrent à eux trois la grande croix du Baptistère, Filarete, Finiguerra, Francesco di Betto, Miliano di Domenico Dei, Piero di Bartolommeo, Guidino

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