‹ Histoire de l'art pendant la RenaissanceChapitre 313 sur 337 · Voy. de Champeaux, h Meuble, t. I, p · texte numérisé non relu

Voy. de Champeaux, h Meuble, t. I, p

2. Bibl. : Darcel et Delange, Rccueilde Faïences italiennes des quinzième, seizième et dix-septième siècles. Paris, 1867, in-fol., pl. — Darcel, Notice des terres cuites et faïences émaillées du Louvre. Paris, 1867. — Labarte, Histoire des Arts industriels. — Campori, Notice... délia Majolica e délia Porcellana di Ferrant dei secoli XV e XVI". N édit. Pesaro, Nobili, 1879. — Corona, la Ceramica. Milan, Hœpli, 1879. — Malagola, Mentor le. stonche sulle Majoliche di Faenia. Bologne, Romagnoli, 1880. - Drury Fortnum, Catalogue of ihe Maiohca m the South Kensington Muséum. Londres, 187.3. — E. Piot : Gazette des Beaux-Arts, 1881, t. II, p. .889 et suiv. — De Mély, la Céramique italienne. Paris, Didot, 1884. — Meurer, Carreaux en faïence italienne de la fin du quinzième et du commencement du seizième siècle. Paris, Quantin, 1888, in fol.

(reproductions en couleur). • . . .

Nous avons pris pour base de notre résumé les différents travaux de M. Emile Mohnier, c savant attaché à la Conservation du Musée du Louvre : les Majoliques italiennes en Italie Pans, Picard i883 (gravures); la Céramique italienne au quinzième siècle. Paris, Leroux, i8Sb (gra\ .), et l’article sur la céramique à Venise dans V Art du 1" novembre 1887. Nous devons en outre à l’obligeance de M. Mobilier les dessins de faïences italiennes qui figurent dans notre volume (p. 24“, 346) et ci-contre.

n’étaient d’ordinaire émaillés que d’un côté et offraient un aspect assez rudimentaire. Pour tout décor, des enluminures naïves, dans une gamme d’une extrême pauvreté : c’était, en un mot, l’enfance de l’art.

Jetons un coup d’œil sur le pavement de la chapelle de Caracciolo, dans

Fragments divers du pavement de San Giovanni a Carbonara (Naples)

l’église de San Giovanni a Carbonara, à Naples : il se compose de pièces hexagonales et de pièces rectangulaires, servant à relier entre elles les précédentes. Un émail blanc assez grossier les recouvre, et alterne avec des dessins en bleu foncé, en vert et en violet. Le décor comprend des pièces d’armoiries ou des emblèmes se rapportant au fondateur de la chapelle, un lion liéral-

Pavemenl de San Giovanni a Carbonara.

dique, la lettre M, des soleils, des lièvres, des oiseaux, de larges feuilles d’érable, et surtout de grosses fleurs à demi ouvertes, dans le genre des artichauts et dans le goût oriental. Moins décoratifs sont les bustes d’hommes et de femmes, avec la coiffure du temps; ils n’ont rien à envier, affirme M. Molinier, à qui j’emprunte tous ces détails, aux produits que l’on fabrique aujourd’hui en vue des foires de village. Le tout semble avoir pour auteur quelque potier napolitain, aux environs de 1440.

Au Musée de Cluny, une plaque en forme d’écusson, représentant un coq

LA CERAMIQUE.

tenant dans son bec une fleur de lis, date de l’année 1466. Une autre plaque, avec la date de 1475, au même musée, provient de Faenza, et nous offre en conséquence un des plus anciens produits de cette ville.

A côté des plats, il faut mentionner les vases dits de pharmacie : un certain nombre de ces pièces, qui ont tenu jusqu’au dix-huitième siècle une si large place dans les annales de la céramique italienne, sont décrites dans le volume de M. Mobilier (pages 7.1 et suivantes).

Accordons encore un souvenir aux productions de Georges Yasari, le grandpère du biographe des artistes : ce maître, mort à Arezzo en 1484, prit à tâche d’imiter les poteries antiques trouvées dans les environs de sa ville natale, les vasa Arelina : il en fabriquait qui mesuraient une brasse et demie de haut et qui avaient probablement pour ornements des figures en relief.

La conclusion qui s’impose à nous est d’une extrême netteté : grâce à la connexité de sa technique avec les produits orientaux, la céramique italienne du quinzième siècle échappe, sauf de rares exceptions, à l’action de la Renaissance : nouvelle preuve que les traditions d’atelier sont plus puissantes que les principes de style. Rien de plus rare, pendant toute la période dont nous venons de nous occuper, que d y. découvrir, je ne diiai pas un ornement antique, mais même la manière de dessiner les ornements, qui était propre aux anciens, leurs silhouettes si franches et si élégantes.

Le quinzième siècle a également connu la fabrication de la poicelaine. Dès iq^o, il était question à Venise d’un alchimiste, du nom d Antonio , qui fubiiquait une porcelaine transparente très belle.

La verrerie, dont Venise avait dès le quatorzième siècle accapaie le monopole, en s’inspirant des vases émaillés de l’Orient, s affirme dans une seiie passablement riche de coupes ou de buires émaillées. Nous devons une mention particulière au verre du Musée national de Florence, qui îepiésente, siu un fond bleu, des femmes conduisant un char traîné par deux lions, et d’autres femmes jouant avec un loup, au hanap de l’ancienne collection Debruge Duménil : un chevalier (Hercule?) donnant la main à un centaure (Nessus?)

1. Urbani de Gheltof, Una Fabbrica di Pareil ami lu Vnn'lia nel 1470 (Venise, i8;P, tiré à 5o exemplaires). — Cf. Davillier, les Origines de la Porcelaine en Europe, p. 24 et suiv. Pans, Rouam, 1882.

qui porte en croupe une femme (Déjanire ?)* ; puis à la coupe de l’ancienne

collection Stein, représentant des génies nus qui font de la musique (fond bleu, figures couleur chair, cheveux, ailes et instruments de musique dorés, gazon et arbres verts) 1 2 3, enfin à diverses pièces analogues de la précieuse collection de M. Spit— zer", et de l’ancienne collection Parpart.

Coupe vénitienne. (Ancienne collection Stein.)

comprit pas encore

A l’époque dont nous nous occupons , le domaine de l’art textile paraissait sans limites , quoiqu’il ne dentelle, une des rares industries de luxe inconnues

à la Première Renaissance. Le même fini et la même richesse présidaient à la fabrication du linge de corps et du linge de table, des étoffes brochées, du velours, des broderies , des tapisseries de haute lisse.

Dans aucune de leurs

1. Labarte, Histoire des Arts industriels , iro édit., atlas, pl CXXXIII.

2. Gravé en couleur dans la Galette des Beaux-Arts , ]8p8, t. II, p. 666.

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