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INFLUENCE DES PAPES SUR LA RENAISSANCE

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ment devant toute composition n’offrant pas un caractère sacré. Dans les fresques de l’hôpital San Spirito, il ne fit peindre que les grands actes de son pontificat si troublé ; la seule peinture de bataille est celle qui représente la Victoire du cardinal Carajfa sur les Infidèles, c’est-à-dire un épisode de la guerre sainte. De même la Nomination de Platina au poste de bibliothécaire de la Vaticane, le chef-d’œuvre de Melozzo da Forli, nous retrace uniquement une fondation de l’ordre ecclésiastique, car cette charge avait, dès les premiers siècles, été considérée comme une des charges de la sainte Église romaine. Les premières en date des fresques inspirées par un ordre d’idées différent furent les Mystères d' Os iris et d’Isis, peints par Pinturicchio, sur l’ordre d’Alexandre VI (par allusion au taureau des Borgia), dans une des salles du palais pontifical.

Les papes ont été impuissants à susciter des

artistes parmi leurs SU- Le tombeau d’innocent VIII, par A. Pollajuolo.

. r . (Basilique de Saint-Pierre à Rome.)

jets et a fonder dans

leur capitale un art véritablement national. De génération en génération, ils ont été forcés de faire appel aux Florentins, puis aux Ombriens et aux

Milanais. Mais si à cet égard leurs efforts ont manqué de sanction, au point de vue de la propagande de la Renaissance, personne n’a rendu plus de services. Comme le haut clergé et même l’élite de l’aristocratie laïque de l’Europe entière visitaient périodiquement la Ville éternelle, il était impossible qu’ils n’en rapportassent pas les modèles de l’art .nouveau, modèles que les cadeaux faits par les papes aux cours étrangères contribuaient encore davantage à répandre en tous lieux. On est surpris de trouver tout à coup un monument de la plus pure Renaissance au fond d’une province isolée de tout mouvement d’art; on remonte à la source, et on découvre que c’est quelque prélat, de retour de Rome, qui a ramené dans ces parages lointains un champion de l’art italien. Exemple : le mausolée sculpté par le Florentin Jean Juste pour l’évêque Thomas James, en i5op, en pleine Bretagne, dans la cathédrale de Dol.

Les environs de Rome ne tardèrent pas à se peupler d’édifices d’une parfaite élégance. A Vicovaro, le comte Orsini de Tagliacozzo fit élever, vers le milieu du quinzième siècle, sur les dessins de l’architecte Domenico da Capodistria (Domenico del Lago di Lugano), le charmant « tempietto » de Saint-Jacques1.

Corneto Tarquinia s’honore de posséder le beau palais commencé par le cardinal Vitelleschi.

Viterbe, station balnéaire favorite des papes, s’enrichit d’une maison de bains, construite sur les dessins de Bernard Rossellino au temps de Nicolas V, et d’édifices élevés par ordre de Sixte IV. Cette ville fut en outre le théâtre de la magnifique fête organisée par Pie II en 1462 (voy. p. 92).

A Narni, la forteresse fut élevée sur les dessins de Bernard Rossellino. Le Vecchietta, de Sienne, exécuta pour cette ville deux statues, et Domenico Ghirlandajo un Couronnement de la Vierge, qui tous existent encore.

A Cività Vecchia, les travaux de fortification dominent : il est vrai qu’ils ont pour auteurs des architectes de la valeur de B. Rossellino, de Baccio Pontelli et de Giovannino dei Dolci.

1. Vasari, t. II, p. 385. Comment M. Marchesi, dans la monographie il Tempietto di Vicovaro (Rome, 1873), a-t-il pu ignorer ce renseignement, qu’il lui était si facile de se procurer?

Nielle anonjme. (Duchesne, n° 222.)

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Soubassement du tombeau du marquis Hugues, par Mino de luesole. (Badia de Florence.)

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