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LADISLAS ET JEANNE IL

On voit, par ce s quelques dates, que la Renaissance pénétra à Naples longtemps avant l’année 1 443, mise en avant par un historien moderne, qui n’a

Tombeau de Caracciolo, attribué à Andrea di Ciccione. (Église San Giovanni a Carbonaro.)

tenu compte que de l’arrivée dans cette ville de l’habile architecte et sculpteur milanais Pietro di Martino

A partir du second tiers du quinzième siècle, deux princes d’origine espagnole, 1. Redtenbacher, die Architectur der Ualiànischen Renaissance, p. io5.

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le père et le fils, profondément séparés par leur caractère et leurs tendances, mais en communion d’idées toutes les fois qu’il s’agissait de littérature ou d’art, présidèrent à un développement qui a été brillant, sans cependant aboutir à la constitution d’une école indigène.

Le premier, Alphonse d’Aragon (né en i.vjq, roi de Naples de 1442 à 145H), l’heureux compétiteur du bon roi René, a reçu de ses contemporains, et à juste titre, le surnom de Magnanime; aussi bien chez cette nature d’élite, que l’on est à tout instant tenté de placer à côté de Frédéric d’Urbin, le culte des belles choses n’était-il que le complément obligé d’une organisation essentiellement noble et harmonieuse, et comme une fonction vitale.

Né en Espagne, mais devenu Italien par ses

dignes d’Henri IV ou de Frédéric II de Prusse), pas plus qu’un certain goût pour les plaisanteries (lire dans Vespasiano les tours qu’il joua à deux ambassadeurs siennois qui se singularisaient par leur costume). A la fois très prudent et très chevaleresque, nul, même pas le pape Nicolas V, ne savait récompenser aussi royalement'. Nul non plus n’avait, sinon autant d’instruction, du moins autant d’ardeur pour l’étude : il avait appris par cœur presque toute la Bible, et la citait sans cesse, ainsi que les Commentaires de Nicolas de Lyre; mais la lecture des auteurs classiques ne le passionnait pas moins. Après ses repas il se faisait lire YÉnéide ; pendant ses campagnes, les Commentaires de César. Faire traduire en latin les auteurs grecs était sa grande préoccupation : s’il s’était trouvé un second Nicolas V et un second Alphonse, s’écrie mélancoliquement Vespasiano, aucun ouvrage grec ne serait resté sans traduction.

Ce beau zèle le préserva du vandalisme si fréquent encore à la cour de Rome : lors du siège de Gaëte, le monarque napolitain défendit d’employer aux travaux d’attaque les matériaux d’une villa des environs qui passait pour avoir appartenu à Cicéron. On raconte également qu’il consultait Vitruve pour la restauration

1. Libéraux as Avgvsta, lit-on sur le revers d’une médaille d’Alphonse V, par Pisanello, où l’on voit un aigle dépeçant un faon dont quatre vautours rangés autour de lui attendent leur part. Allégorie ingénieuse et qui caractérise merveilleusement ces monarques de la Renaissance, enlevant d’une main, donnant de l’autre.

mœurs et ses affections, Alphonse, premier roi de la dynastie aragonaise de Naples, représente le mélange de piété profonde, de libéralité et d’amour de la gloire qui caractérise les Mécènes de la première Renaissance, Sigismond Malatesta et un très petit nombre d’autres exceptés. La valeur et l’habileté du général se conciliaient chez lui avec la noblesse de manières du Castillan (les Italiens diraient « il garbo », mot que l’on essayerait en vain de traduire par galbe), sans exclure la bonhomie (on cite de lui des traits

Médaille d'Alphonse d'Aragon, par Cristoforo di Geremia.

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