‹ Histoire de l'art pendant la RenaissanceChapitre 36 sur 337 · ALPHONSE D’ARAGON · texte numérisé non relu

ALPHONSE D’ARAGON

du château royal. Comme marque de son admiration pour l’antiquité, il faut encore signaler le soin avec lequel il recherchait les monnaies ou médailles gréco-romaines, et le programme de son entrée triomphale à Naples, calquée sur les descriptions des auteurs latins, peut-être aussi sur les bas-reliefs des arcs et des colonnes de Rome.

Trois médailleurs, Pisanello, Cristoforo di Geremia et Paolo da Ragusa, nous ont conservé les traits d’Alphonse le Magnanime1 2. Ici encore constatons l’influence des souvenirs de l’antiquité.

Les humanistes qui lui faisaient cortège s’appelaient Lorenzo Valla, l’esprit le plus libre peut-être et certainement le plus vigoureux de la première Renaissance, le polémiste audacieux qui osa contester l’authenticité de la donation de Constantin ; puis Antonio Beccadelli, surnommé il Panor-

rituel que licencieux; Bartolommeo Fazio de Gènes; Porcellio de’ Pandoni de Naples; Gianozzo Manetti de Florence. On comptait parmi eux les natures les plus cupides, les plus vaniteuses et les plus vindicatives d’une race qui en a produit un choix si varié. Mais Alphonse savait fermer les yeux sur toutes ces petitesses, pour ne laisser éclater que son enthousiasme.

Gianozzo Manetti vient-il le complimenter, de la part des Florentins, à l’occasion du mariage de son fils Ferdinand, le roi l’écoute avec une telle attention, qu’il en demeure immobile ainsi qu’une « statue de bronze » ; il oublie même de chasser une mouche qui, au commencement du discours, s’était posée sur son nez3. François Philelphe à son tour visite-t-il Naples ( 1 q53), Alphonse le reçoit avec des honneurs extraordinaires, le crée chevalier et lui impose de ses mains la couronne de laurier. A l’helléniste Théodore Gaza il donne une hospitalité brillante. Dans Æneas Sylvius Piccolomini, ambassadeur de Sienne à Naples (iqoô), il salue une des gloires de l’humanisme. Un des premiers en Italie, par la fondation de l'Académie Alphonsine (1442), il inaugure le règne de ces institutions qui ont tenu une place si large dans l’histoire littéraire de la Péninsule. La formation d’une bibliothèque, qui, considérablement accrue par son fils, devint bientôt une des plus riches de l’Italie, était destinée, dans la pensée d’Alphonse, à transmettre aux générations les plus reculées le souvenir de ces conquêtes A

mita (de sa patrie Païenne), poète aussi spi

Revers d'une médaille d’Alphonse, par Pisanello.

1. La médaille de Pisanello est gravée dans les Médailleurs de la Renaissance. Vittore Pi sa no, de M. Heiss, ainsi que les esquisses qui ont servi à la préparer, et qui font partie du recueil Vallardi, au Musée du Louvre.

2. Burckhardt, la Civilisation en Italie, trad. franc., t. I, p. 27B.

3. On sait que cette collection, enlevée par Charles VIII en îqçp, a trouvé un asile digne

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Il en est des Mécènes comme des artistes : les uns concentrent leurs efforts

et créent une oeuvre durable, les autres éparpillent les leurs, et, après avoir

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Sculptures de l’Arc de Triomphe de Naples.

ébloui les contemporains par leur libéralité, se présentent devant la postéritéles a '&■,„. j ' 7ï/*.

mains vides. (Ce n’est pas à dire que le rôle de ces prodigues n’ait pas son - ’ 7 • ^

utilité : hommes d’initiative, d’ordinaire pleins de feu et de brillant, ils sont

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d’elle à la Bibliothèque Nationale de Paris. — Voy. L. Delisle, le Cabinet des Manuscrits , t. I, . i-*f

p. aiy-aq.S; t. III, p. 267, 262, et Mazzatinti, Inventario dei Manoscritti italiani délit Hiblioteche

di Francia, t. I. Rome, 1886, p. xix et suiv.

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