‹ Histoire de l'art pendant la RenaissanceChapitre 37 sur 337 · L’ARC DE TRIOMPHE DE NAPLES · texte numérisé non relu

L’ARC DE TRIOMPHE DE NAPLES

d’excellents instruments de propagande.) Quelle comparaison établir, par exemple, entre le duc Frédéric de Montefeltro, dont l’idée fixe fut l’embellissement

Sculptures de l’Arc de Triomphe de Naples.

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de son palais, et les rois de Naples qui ont commencé vingt monuments 1 et n’en ont fini aucun; bien plus, qui, tout en semant l’or, n’ont su fixer dans leur capitale aucun de ces artistes supérieurs dont le passage fait époque, un Bru-

l. On no compte pas à Naples, pour le quinzième siècle, moins de soixante églises réédifiées, restaurées ou enrichies de quelque œuvre d’art importante. Voy. la Guida sacra délia città di Napoli , de M. Galante. Naples, ifÇ3, passini.

nellesco, un Donatello, un Mantegna! Au reste, il y a quelque chose d’inexplicable dans l’histoire de leurs fondations : avec des ressources et une libéralité telles que les leurs, comment aucun d’eux n’a-t-il pu finir de son vivant ces arcs de triomphe en miniature, « l’arco del Castel Nuovo » et la « Porta Capuana » ? Ne serait-ce pas que, malgré ses ardeurs généreuses et une magnificence sans bornes, le goût d’un Alphonse V, et à fortiori celui de son fils indigne, Ferdinand, ait eu ses lacunes? Ne serait-ce pas que ces Espagnols, malgré leur extrême bonne volonté, soient restés aussi étrangers aux raffinements et aux splendeurs de l’art italien que leurs compatriotes les papes Calixte III et Alexandre VI? Problèmes inquiétants, que je me bornerai à signaler à la curiosité de mes lecteurs, sans tenter de les résoudre.

L’arc de triomphe du Château Neuf, du « Castel Nuovo », tel est aujourd’hui le seul monument de quelque importance qui rappelle la magnificence d’Alphonse Y, et encore n’a-t-il été achevé que longtemps après la mort de ce monarque. Elevé sous la direction du Milanais Pietro di Martino, l’arc fut décoré par les sculpteurs Isaia da Pisa (iqSS-iqÔD), Antonio da Pisa, Domenico di Monte Mignano (iq56), Paolo Romano (iq58), Desiderio da Settignano, Domenico Lombardo, assistés de quelques artistes indigènes, Francesco Azzara, Silvestro Ariscola d’Aquila et Andrea d’Aquila (iq56), etc.1.

Outre les étrangers que nous venons de nommer, il faut citer comme établis à Naples pendant le règne d’Alphonse les sculpteurs florentins Giovanni da Miniato, surnommé Fora (1428-1433, 14-p), le peintre milanais Leonardo da Besozzo (vivait encore en i p8), enfin le constructeur d’orgues Antonio Squarcialupi (iq5o) \

L’importation des œuvres d’art — même des ouvrages de dimensions colossales — fut de règle à Naples pendant tout le quinzième siècle, favorisée qu’elle était par les communications maritimes. C’est ainsi que les héritiers du cardinal Brancacci commandèrent à Florence, en 1427, à Donatello et à Michelozzo, le mausolée de leur parent pour l’église Sant’Angelo a Nilo; c’est à Florence également que furent exécutées les trois sculptures monumentales qui font l’ornement de l’église de Monte Oliveto ou Santa Anna dei Lombardi : la Nativité , d’Antonio Rossellino; le tombeau de Marie d’Aragon, duchesse d’Amalfi, attribué tour à tour au même artiste ou à Benedetto da Majano; et Y Annonciation du même Benedetto (vers 1489).

Le règne de Ferdinand I"1 (né en 1420; régna de 1408 à 1494), ce prince astucieux et cruel (on disait qu’il avait du sang maure dans les veines), dont la suprême volupté consistait à s’entourer de ses ennemis, les vivants enfermés dans des cages, les morts embaumés et revêtus du costume qu’ils portaient

1 . Voy., sur tous ces artistes : Gli artisti ed artefici che tavQrarono in Castel Nuovo, par Minieri Riccio; Naples, 1R76; — ta Renaissance au temps de Charles VIII, p. 424-420.

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