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CHAPITRE IV

LA ROMAGNE ET LES MARCHES. — RIMINI ET LES MALATESTA. — UNE COUR PAÏENNE AU QUINZIÈME SIÈCLE. — PESARO ET ALEXANDRE SFORZA. — URBIN ET I.F. DUC FRÉDÉRIC DE MONTEFELTRO. — FORLI. — ANCÔNE.

i les Romagnols, « race de héros ou race de criminels1 », ont excellé en beaucoup de choses, ce n’est point assurément dans les arts. Cette impuissance n’a pas empêché les amateurs de grouper autour d’eux des artistes du plus grand mérite, des Florentins pour la plupart. A Rimini, à Pesaro, à Césène, à Fano, s’agitent les derniers représentants d’une maison fameuse, dés. le douzième siècle, par ses crimes autant que par ses talents, héritiers de ces Malatesta, tous têtes exaltées, les uns flétris par Dante (on se rappelle le touchant épisode de Françoise de Rimini, femme de Jean Malatesta), les autres célébrés par Pétrarque, et qui portaient les noms si caractéristiques de Malatesta le Centenaire, de Paul le Beau, de Malatesta des Sonnets (ainsi nommé à cause de ses poésies), de Galeotto le Saint, tour à tour alliés ardents ou ennemis irréconciliables des papes. A l’époque dont nous nous occupons, Charles Malatesta (1064-1429) se distinguait par son goût pour les lettres et pour les arts. Il entretenait les relations les plus affectueuses avec les humanistes florentins, réunit une belle bibliothèque et eut l’honneur d’attacher à son service, en 1400, le jeune Ghiberti, alors âgé de

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