Passavant, Raphaël cTUrbin, t. I, p
nique rimce cTUrbin, sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir. Bartolommeo Corradini, surnommé Fra Carnevale (1456-1484), semble avoir été surtout un perspectiviste éminent. Sur Pietro di Giovanni dal Pian di Meleto (1482) et différents autres artistes indigènes, on trouvera des détails dans l’ouvrage de Pungileoni1. Mais c’est surtout le souvenir des étrangers qui est intimement lié à celui de Frédéric : outre Piero délia Francesca, Melozzo da Forli et Justus de Gand, il convient de signaler les peintres Piero de Reggio (1464), Fra Jacomo de Venise (1464), Georgius de Panne de Venise (1479), Filippo Spagnolo (1477), enfin Paolo Ucello, qui traversa la ville en 1468.
Quatre tapissiers — Francesco de Ferrare, Nicoletto de Flandre, Ruggiero et Lorenzo — tissaient pour le duc une tenture représentant le Siège de Troie, tentures dont les contemporains sont unanimes à célébrer la magnificence.
Six copistes transcrivaient des manuscrits pour sa bibliothèque.
Frédéric ne comptait que soixante ans lorsqu’il mourut à Ferrare, des suites d’une fièvre paludéenne, le 10 septembre 1482, laissant dans le gouvernement de son duché, dans la politique générale de l'Italie, dans la propagande des lettres et des arts, un vide qui ne fut pas comblé.
Nous nous occuperons, dans le second volume de ce travail, de son fils et successeur Guidobaldo, prince non moins noble et sympathique que son père, mais que les circonstances réduisirent à un rôle infiniment plus effacé, quoique sa cour comptât par moments des hôtes tels que Julien de Médicis, Bembo, Bibbiena, Balthazar Castiglione et Raphaël.
Les artistes protégés par les comtes et ducs d’Urbin rayonnent sur les villes voisines et les défrayent aussi bien d’œuvres d’art que de fortifications, deux genres d’ouvrages aujourd’hui bien distincts, mais entre lesquels la Renaissance ne faisait pas de différence. Laurana est l’architecte du palais de Gubbio; Baccio Pontelli et Francesco di Giorgio Martini construisent : le premier, la forteresse de Sinigaglia; le second, celle de Cagli. Giovanni Santi travaille à Gagli, à Fano, à Gradara; puis, de temps en temps, le Pérugin fait quelque incursion dans ces régions que tant de liens rattachent à l’Ombrie.
A Forli, le triomphe de la Renaissance est consacré par une série d’ouvrages intéressants : bas-relief de la cathédrale avec la Vierge et l’Enfant (faussement attribué par Vasari à Simon, le prétendu frère de Donatello); sarcophage desaint Marcolin par Antonio Rossellino (iq58), au musée de la ville; tombeau de Barbe Manfredi (1 466), à l’église San Girolamo, dans la manière de Desiderio da Settignano; achèvement de la cathédrale par le Vénitien Marino Citrini (146?). Rappelons surtout les ouvrages du peintre Melozzo, le plus illustre des enfants de cette cité, qui ne conserve malheureusement plus la moindre production de son pinceau.
1. Elogio storico di Giovanni Santi, p. 47 et suiv. Cl'. le travail de M. Schmarsow.