FORLI. — LORETTE. — ANCONE
Le seigneur de Forli, l’ambitieux et odieux Girolamo Riario Sforza (f 1488), neveu de Sixte IV, et son épouse Catherine Sforza (mariée en 1477, morte en 1009), femme intrépide et dure, née pour le métier des armes plutôt que pour la culture des arts, no-
taient très certainement pour rien dans cette floraison.
Recanati ne compte guère à son actif que le palais du cardinal Concha, construit sur les dessins de Giuliano da Majano (1479); Sanseverino1, que quelques peintures de Gentile da Fabriano, de Niccolô da Foligno et de Pinturicchio, exécutées pour le Dôme; Ascoli, qu’une Pietà de Carlo Crivelli. A Fermo et à Macerata, l'indifférence et l’abstention sont absolues.
Nous ne pouvons citer, dans cette dernière ville, que les incrustations des stalles du chœur de la cathédrale, exécutées en 1 470 par Giovanni di Stefano da
Montelpare et Battista da Monte-Vidone 2. A Camerino, la famille des Varano se rendit plus célèbre par le culte des lettres que par celui des arts.
La ville de Lorette, au contraire, Frit appel, pendant tout le cours du quinzième siècle, aux maîtres les plus éminents : Giuliano et Benedetto da Majano, Giuliano da San Gallo et Bramante, pour l’architecture ou la marqueterie; Domenico Veneziano, Piero délia Francesca, Melozzo da Forli, Luca Signorelli, pour la peinture; en attendant que les sculptures d’Andrea Sansovino et de Tribolo complètent la décoration de ce pèlerinage fameux entre tous ceux de l’Italie.
Ange par Melozzo da Forli.
(Sacristie de Saint-Pierre de Rome.)
1. Patrie des peintres qui décorèrent l’oratoire de Saint -Jean -Baptiste à Urbin. (Voy. p. i3o.)
2. Bibl. : Vogel, de Ecclesiis Recanatensi et Lauretana, Commentarius historiens. Recanati, l85(j. — F. Raffaelli, di alcune Opéré di scidtura e tarsia in leguo esistenti a Recanati. Fermo.
E. Müntz. — I. Italie. Les Primitif-,
Dans la première moitié du siècle, Ancône 1 — nous le savons par un de ses fils, Cvriaque, le vif, ardent et infatigable archéologue et explorateur — fut embellie par les soins du cardinal Condulmer, le futur pape Eugène IV4. Plus tard, Piero délia Francesca peignit, pour l’église Saint -Cyriaque, un Sposali^io ou Mariage de la Vierge , qui a disparu. Mieux partagée, l’église Saint-François conserve encore une petite Madone de Carlo Crivelli. Les peintres indigènes n’étaient qu’en petit nombre : on en connaît seulement six jusqu’ici pour tout le cours du quinzième siècle, et encore l’un d’eux semble-t-il avoir eu pour patrie la Toscane. Le fameux architecte et ingénieur siennois Francesco di Giorgio Martini passe pour l’auteur du « Palazzo del Comune » d’Ancône. On cite encore dans cette ville, comme un élégant édifice de la première Renaissance, le portail de la Madonna délia Misericordia.
A Jesi, le palais de la Municipalité fut également construit, sous le règne d’Alexandre VI, d’après le plan fourni par Francesco di Giorgio
1. Bibl. : Le Pill me, Seuil me e Architetlure di Ancona. Ancône, 1821. — Ricci, Metnorie sloriche delle Arti e degli Arlisli délia Marca di Ancona. Macer.ua, i83q; 2 vol. in-8“avec un appendice publié à Bologne en i835 par A. B. A. — Ferretti, Memorie storico-critiche dei Pittori Anconiram. Ancône, i883. — Guida di Ancona e dei suoi dintorni. Ancône; Morelli, 1884. — Guida di Ancona descritla nella storia e nei tuonmneuli . Ancône; Santoni, 1884.
2. Mélanges d'histoire et d'archéologie publiés par l'École française de Rome. 1 885 , p. 321.