‹ Histoire de l'art pendant la RenaissanceChapitre 59 sur 337 · LIONEL DESTE · texte numérisé non relu

LIONEL DESTE

Frédéric II ou à Malatesta dei Sonetti. Initié au métier des armes par le vaillant condottiere Braccio da Montone et au culte des lettres par l’humaniste Guarino de Vérone, il semblait, dit M. Venturi, qu’il mêlât à la douceur de sa mère siennoise la vigueur lombarde. Bientôt cependant les Muses l’emportèrent sur Mars et la suprême ambition du jeune prince fut désormais de briller dans les tournois poétiques : ses canzoni, ses sonnets lui ont valu, grâce à leur tour aimable, à leur expression gracieuse, d’être comparé par des juges modernes à Anacréon.

Déjà du vivant de son père Lionel cherchait à satisfaire son goût pour tout ce qui était rare ou magnifique. En 1434, après l’expulsion de Paolo Guinigi, seigneur de Lucques, il acquit l’armoire que ce personnage avait fait exécuter en 1414 par tArduino et Alberto de Bologne pour y renfermer ses manuscrits1. La collection de pierres gravées antiques qu’il réunit, un des premiers parmi les princes du quinzième siècle, fait plus d’honneur encore à son goût.

C’est lui aussi, très probablement, qui conquit pour sa capitale, si pauvre en chefsd’œuvre classiques, une statue trouvée à Florence et emportée à Padoue par Lombardo délia Seta, l’ami de Pétrarque.

L’historien des arts à la cour de Ferrare,

M. Venturi, explique par la situation politique de ce petit Etat le lent développement de l’architecture et la rareté d’édifices de quelque importance appartenant à la première Renaissance. Bâtir des forteresses était plus urgent qu’édifier des palais. Lionel concentra ses efforts sur la continuation du palais de Belfiore, commencé par son père. Il se rendait cependant compte de la supériorité acquise par la nouvelle Ecole; la preuve, c’est qu’il chargea L. B. Alberti de composer pour lui le fameux Traité <T Architecture. Mais la brièveté de sa vie ne lui permit pas de sortir à cet égard du domaine de la spéculation.

Pisanello, attiré probablement par son compatriote et ami Guarino de Vérone, semble avoir fait un séjour prolongé à Ferrare, à partir de iq35, ou du moins y être revenu à diverses reprises. Il y peignit un portrait de Jules César et, d’après l’ingénieuse conjecture de M. Venturi, y modela ses premières médailles, à l’occasion du Concile qui se réunit dans cette ville en iq38 et auquel prit part un des principaux personnages pourtraits par l’artiste, l’empereur Jean Paléologue. Sept des médailles de Pisanello sont consacrées au seul Lionel d’Este.

L’élève de Pisanello, Matteo de’ Pasti, à la fois médailleur et miniaturiste,

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