‹ Histoire de l'art pendant la RenaissanceChapitre 68 sur 337 · Édit. Chantelauze, p · texte numérisé non relu

Édit. Chantelauze, p

2. 1420, défense aux mariées de porter des vêtements d’une valeur supérieure à 200 ducats;

VENISE

Pour apprécier pleinement ce mirage de l’art vénitien, il faut nous figurer la mer intervenant dans toutes les fêtes, cet élément mobile par excellence mêlant les reflets irisés de ses vagues au chatoiement des étoffes importées de l’Orient, balançant des barques pavoisées de mille couleurs, de somptueux bucentaures, en un mot un feu d’artifice de tous les jours, éblouissant les yeux plutôt qu’il ne séduisait l’esprit. Nulle part on ne trouvait d’aussi riches joyaux (tous les grands joailliers du quinzième siècle sont Vénitiens), nulle part un luxe aussi étourdissant. Une corporation dite de la « Calza » s’était donné pour mis-

Vue du pont Saint-Jean à Venise.

sion d’organiser les fêtes; lors du couronnement du doge Michel Sténo (1400), chacun de ses membres dépensa, pour rehausser l’éclat de cette cérémonie, la somme énorme de 2000 florins (100000 francs environ)1.

En accordant à ces créations éphémères une place dans l’histoire des arts, ne nous dissimulons pas que souvent aussi elles ont tenu lieu d’œuvres plus élevées et plus durables, et que le talent d’un peintre s’est plus d’une fois noyé au milieu des rubans et des pompons.

L’exemple de Venise, celle des républiques italiennes où le pouvoir s’incarnait le moins dans un homme ou dans une famille déterminés, et où les entraî-

14.55, proscription des habits, des manteaux, des journades en drap d’argent ou d’or; 1472, proscription des fourrures de martre, hermine, loup cervier. (Molmenti, la Storia di Vene^ia nella vïta privata; Turin, 1880, p. 296, 3 1 2 . )

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