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Recherches sur l’Art statuaire; Paris, i8o5, p

INTRODUCTION

artifices auxquels Ludovic le More recourut pour effacer le souvenir de son usurpation

En veut-on aux morts, c’est encore aux œuvres d’art que l’on s’attaque : après la révolution de 1494, le nouveau gouvernement florentin, pour flétrir la mémoire du grand Cosme de Médicis, donna l’ordre d’effacer sur son tombeau l’inscription Cosmæ Medici Patri Patrice, « vu qu’il méritait le titre de tyran, plutôt que celui de Père de la Patrie2 ».

Hésitera-t-on, après de telles preuves, à donner raison à un historien de la Renaissance quand il affirme que, si les méthodes scientifiques régissent aujourd’hui notre manière de penser, pendant la Renaissance l’art exerçait une influence et un contrôle analogues. « Non seulement, dit-il, chaque branche des beauxarts était cultivée avec un singulier succès, non seulement le génie était absorbé, dans une large mesure, par la peinture, la sculpture et l’architecture, mais l’impulsion esthétique était infiniment plus subtile et plus répandue que ne l’impliquerait l’assertion que nous venons d’émettre. Elle dominait les Italiens dans le centre même de leur vitalité intellectuelle, imposant ses lois à toutes les manifestations de leur pensée et de leurs sentiments, de telle sorte que leurs erreurs ou imperfections mêmes peuvent être attribuées en grande partie à l’impuissance où ils étaient d’abandonner le point de vue esthétique \ »

L’Italie d’alors, riche, brillante, mondaine, hospitalière, n’offrait aucun trait de ressemblance avec l’Italie de nos jours, préoccupée avant tout de reconquérir son unité et de refaire ses finances. Avoir en même temps la curiosité qui donne naissance aux fantaisies, et la fortune qui permet de les satisfaire, quelle volupté à rendre jaloux les dieux! Les fêtes destinées à éblouir la vue — banquets, tournois, entrées triomphales, solennités religieuses (nous consacrerons une notice spéciale à cette forme de l’art) — n’étaient rien encore au prix des fêtes s’adressant à l’esprit : le concours de poésie institué par L.-B. Alberti, les concours d’art internationaux, tels que ceux des portes du Baptistère de Florence ou de la coupole de Sainte-Marie des Fleurs, jugés par les chefs de l’État, les panégyriques prononcés aux funérailles de Pomponio Leto, entre autres, et se renouvelant à chaque anniversaire, sont restés fameux à juste titre.

Voici, d’une manière sommaire, la place faite à l’art dans la classe moyenne : il faut à chaque ménage un coffre de mariage (« il cassone » ou « il forziere ») finement sculpté ou richement enluminé; des bijoux que les Ghiberti, les Verrocchio, les Ghirlandajo ne dédaigneront pas de ciseler; l’argenterie; la Madone

1. Armand, Les Médailleurs italiens des quinzième et seizième siècles, t. III, p. 40-41.

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