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L’ŒUVRE DU DOME DE MILAN

pour lequel il. s’adressa d’abord (1473) au fils de Maffeo da Clivate, puis aux frères Mantegazza et à d’autres sculpteurs encore, fut finalement confié à Léonard de Vinci, qui, après y avoir consacré seize années, eut la douleur de voir détruire son chef-d’œuvre pendant les guerres du règne de Louis XII et de François Lr.

Le règne de Galéas-Marie fut marqué par un événement capital pour le développement de la Renaissance, mais auquel ce prince demeura étranger : l’établissement de Bramante à Milan, entre les années 1472 et 1474.

En dehors des Sforza, un seul nom s’impose dans l’histoire de l’art milanais, celui des Trivulce, leurs ennemis; mais les représentants de cette illustre famille appartiennent déjà plutôt au seizième siècle, et il suffira de les mentionner ici, nous réservant d’y revenir ultérieurement.

Bien autrement efficace fut le rôle joué par la fabrique du Dôme de Milan. Le conseil d’administration, composé tantôt d’un petit nombre de députés, tantôt de quatre-vingts, de cent et même de cent cinquante membres, avait toutes les attributions d’un ministère des beaux-arts, très influent surtout lorsque l’argent abondait. Appelé à s’occuper d’indulgences, d’impôts, de quêtes, de legs, de procès, à tout instant aussi le choix des architectes, des sculpteurs, des peintres, lui permettait d’affirmer son goût. Il fut le gardien par excellence de cette arche sainte que l’on nommait le style gothique, bien différent en cela de la fabrique de la cathédrale de Florence, qui, dès 1404, recourait aux lumières de Brunellesco, le fougueux novateur. C’est à ce titre, et non à titre d’étranger (aucune époque ne fit preuve de plus de cosmopolitisme que le quinzième siècle), qu’il repoussa Filarete.

En thèse générale, les travaux, qui s’étaient ralentis vers 1440, ne reprirent que faiblement pendant l’éphémère République ambrosienne (1447-1450), sous l’action des « capitanei et defensores libertatis ». Puis survient une nouvelle éclipse, jusque vers le moment où Ludovic le More tente son suprême effort (à partir de 1481). La décoration du sanctuaire au moyen de vitraux peints, l’exécution de la statue du pape Martin V (gravée p. 84), la collaboration, dès le milieu du quinzième siècle, de la dynastie des Solario, des commandes de retables et de statues, tels sont les traits principaux de l’histoire de la cathédrale pendant le règne du dernier Visconti et des deux premiers Sforza.

L’achèvement de ce malencontreux monument 11e cessa de remplir Milan du bruit des discussions entre architectes. Ce ne furent que concours et expertises. Quand on a tant d’esprit critique, c’est qu’on a peu d’enthousiasme; aux quatorzième et treizième siècles, on discutait moins, on agissait davantage. Aussi les ingénieurs (c’était le terme consacré à Milan) qui présidèrent à la construction,

La duchesse Bonne de Savoie.

E. Müntz.

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