I. Italie. Les Primitifs
les Filippino degli Organi (originaires de Modène), les Francesco da Canobio, les Giovanni Solari, les Guiniforte Solari, se noyèrent-ils dans des travaux de détail, sans imprimer à l’ensemble ni un vigoureux essor, ni une direction supérieure. Il en fut longtemps de même des sculpteurs. Vers la fin du règne de Galéas-Marie seulement, la fabrique s’attacha un groupe d’architectes et de sculpteurs éminents, Giovanni Giacomo Dolcebuono (1472 et années suivantes), Benedetto Briosco (1470), Omodeo.
Les encouragements de l’œuvre du Dôme permirent à une école d’habiles peintres verriers de prospérer à Milan pendant tout le cours du quinzième siècle. Ses représentants s’appelaient Stefano de Pandino (141O), Maffiolo de Crémone (1419), Niccolô de Yarallo (1449-1482), Christoforùs de Mottis (1461-1464), Jacobus de Bossis (1460, 1466), noms auxquels il faut ajouter ceux des divers artistes étrangers mentionnés ci-après.
Grâce aux travaux du Dôme, Milan devint en outre le rendez-vous d’une foule d’artistes déclassés ou dépaysés, dont beaucoup venaient de France ou d’Allemagne. Citons, parmi nos compatriotes, les architectes ou ingénieurs Simonetus Nigrus, Mermetus de Savoie, Johannes Sanomerus (Jean de Saint-Omer) (1400-1402), le sculpteur Matteo di Francia (1401), les peintres verriers Zanino Agni de Normandie (1416), « Bartholomcus de Francia sive Sabaudia » (14.30). Les Allemands, dès lors d’humeur si vagabonde, formaient légion, quoique la faveur qui s’attachait pendant la période précédente aux divers représentants du style gothique allât sans cesse en décroissant. Nous trouvons au service de l’œuvre du Dôme, pendant le quinzième siècle, des maîtres d’œuvre tels que Marchestem (1 39.3-1404), le tailleur de pierres Bartolommeo de Cologne (1400), l’ingénieur Jean Nexemperger de Graz (avec son fils), envoyé par le Magistrat de Strasbourg et autorisé à retourner chaque année dans sa patrie (1480-1486), Alexandre de Marpach (1483-1484) et Oswald de Marpurgh (1480-1486), tous deux sous-ingénieurs, Pierre de Nuremberg (i486), André et Jean Mayer, charpentiers (148.3-1490), Petrus Focus ou Tocus, Richard Esler, Jean Ingrim (1488), Velchirch (1483-1484), Thibault Storebecher (148.3-1484), Jean Birich (148.3-1486). En 1489, l’ingénieur « Laurentius de Alemania majori » offrit, mais inutilement, ses services. Les sculpteurs (peut-être plus exactement les tailleurs de pierres) ont nom Wal Monicb (1.399- 1407), Antoine Gixler (148.3), Vincent Fur (148.3-1484), Antoine Chixel (1484; peut-être identique à Gixler?), Jean Huster (i486). Parmi les artistes divers originaires d’Allemagne, on rencontre le peintre Pierre (1427), les peintres verriers Arnold et Comero (1428-1429), les batteurs d’or Pierre de
1 . Les annales de cette construction épique viennent d’être publiées (sans commentaires et avec beaucoup de documents sans intérêt) sous le titre de Annali délia Fabbrica del Duomo di Milano dall' origine fino al présente; Milan, Brigola; 1877-188.3; g vol. in-40. Voy. également Nava, Memorie e document i ... che possono servire alla storia del Duomo di Milano. Milan,