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PETRARQUE ET L'ANTIQUITE

L’influence classique ne s’explique que par l’ardente curiosité qui poussait les artistes de la seconde moitié du treizième et de la première moitié du quatorzième siècle à découvrir des voies nouvelles. L’esprit d’initiative venant à s’affaiblir, il était naturel que les essais de restitutions archéologiques perdissent également de leur faveur : je ne crains pas d’affirmer qu’aux approches du quinzième siècle, à la veille de la Renaissance proprement dite, à Florence, à Sienne, à Orvieto, en Lombardie, sculpteurs, peintres, miniaturistes, orfèvres,

Frontispice du manuscrit de 1 ’Epitome vtrortim illustrium de Pétrarque (xn" siècle).

(Bibliothèque nationale de Paris.)

et artistes de tout rang et de tout mérite, étaient infiniment plus étrangers à la culture classique que ne l’avaient été, quelque quatre-vingts ou cent années auparavant, les Lorenzetti, les Giotto, les Fra Guglielmo d’Agnello ou les Niccolô Pisano.

Mais si les artistes italiens perdirent ainsi à tout instant le fil de la tradition antique, les amateurs ne cessèrent, à partir de l’empereur Frédéric II, de recueillir à leur intention les reliques du passé, des reliques qui pourraient un jour servir de modèles. On n’a pas assez tenu compte jusqu’ici, dans l’histoire des origines de la Renaissance, du rôle qu’ont joué ces modestes et utiles auxiliaires.

En résumé, considéré dans ses rapports avec l’art antique, l’art italien du moyen âge a parcouru trois étapes nettement définies : l’architecture a donné

le signal aux onzième et douzième siècles par les monuments de Pise, de Florence et des environs; au treizième siècle, la statuaire a suivi son exemple avec Nicolas de Pise et son Ecole; quant à la peinture, c’est au quatorzième siècle seulement, avec Giotto et Lorenzetti, qu’elle s’est appliquée à imiter, sur des points isolés, des modèles antiques. Le rapprochement de ces dates suffit à montrer qu’il n’y a eu ni corrélation, ni par conséquent unité dans les tentatives plus ou moins partielles auxquelles le moyen âge italien s’est livré pour provoquer une Renaissance.

Génies tenant un cartouche.

Fragment du Triomphe de la Mort.

(Campo Santo de Pise.)

Frise d’une porte, par Benedelto da Majano. (Palais Vieux a Florence.)

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