‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 2)Chapitre 108 sur 284 · BR AMANTI AR · texte numérisé non relu

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Une ville lombarde idéale au xv° siècle. Fac-similé d’une estampe attribuée a Bramante.

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surtout à un essaim de Vénitiens : Benedetto Diana, V. Catena, Paris Bordone.

En matière d’art, les lumières valent mieux que la libéralité. Honneur aux villes ou aux particuliers qui, comme Crema, ont su choisir ou qui ont tenu à faire appel à des étrangers de mérite, au lieu d’employer les médiocrités qui, alors comme aujourd’hui, pullulaient partout.

Dans les luttes qui désolèrent la Lombardie, aucune ville n’eut à souffrir autant que Brescia : prise en 1 5 1 1 et mise à sac par Gaston de Foix, elle eut de nouveau à subir, en 1 5 1 5- 1 5 1 6, les rigueurs d’un siège dirigé par le maréchal de Trivulce. Heureusement pour la postérité, cette cité eut le temps de donner sa mesure, avant que ces calamités fondissent sur elle, dans l’élégant palais municipal commencé en 1492 d’après le modèle de Tommaso Formentone de Vicence. Puis, à peine ses blessures fermées, elle reprit avec ardeur, vers 1626, la construction de ce sanctuaire de la vie municipale; à Jacopo Sansovino elle demanda le plan du premier étage, à Palladio le dessin des fenêtres, à Niccolô da Grado le dessin de l’escalier et du portail sous la halle du rez-de-chaussée.

Aux artistes bressans énumérés dans notre précédent volume (p. 190) firent suite le sculpteur Anzolino, qui florissait vers 1 5 1 2, les peintres Alessandro Moretto, Girolamo Romanino (1 480-1 566), et Giovanni Maria, plus connu comme graveur au burin; le graveur Giovanni Antonio, tour à tour imitateur de Mantegna, de Durer et de Marc-Antoine; enfin Fra Raffaello, le célèbre incrustateur.

La ville de Caravage n’est connue que comme patrie du peintre Polydore, un des meilleurs élèves de Raphaël.

En perdant le Colleone (t. I, p. 192), Bergame avait perdu un Mécène qu’elle ne remplaça pas. Deux de ses enfants, le poète Bernardo Tasso (le père de Torquato), et Fra Damiano, incrustateur non moins célèbre que Fra Raffaello, répandirent du moins au loin le nom de leur patrie.

Particulièrement brillante fut dans cette ville la floraison de la peinture. Bramante peignit vers l’année 1477, sur la façade du Palais du Podestat, des portraits de philosophes, et d’autres portraits de philosophes, en camaïeu, dans une des salles du même palais ; il orna en outre l’église San Pancrazio d’une fresque représentant une Pietà. Vincenzo Foppa, Previtali et Giovanni da Bussi, surnommé Cariani, étaient des enfants du pays; Simone de Pavie, Borgognone et surtout Lorenzo Lotto y laissèrent de nombreux retables1.

Côme2 concentre ses forces sur l’embellissement de sa cathédrale, sans toutefois réussir à modifier par quelques délicates broderies de pierre, semées sur une

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