III. Éplisc Sainte-Marie des Grâces à Milan
de la Chancellerie, dans le rez-dechaussée et le premier étage des Loges du Vatican, dans l’église de
la Consolazione àTodi, etc. Raphaël en fit également usage dans plusieurs des palais dont il traça les plans, ainsi que B. Peruzzi (palais de la Farnésine). On le rencontre en outre sur les portiques de Santa Maria presso San Celso à Milan et de Santa Maria délia Navicella à Rome. Mais ce furent surtout Giuliano et Antonio da San Gallo « qui transmirent à leurs successeurs les règles de l’architecture toscane, sous une forme plus parfaite que leurs prédécesseurs, et 1 ordre dorique avec de meilleures mesures et proportions qu’on n’avait eu l’habitude avant eux d’interpréter les opinions et les règles de Vitruve » (Vasari).
L ordre corinthien ou plutôt 1 ordre composite, si cher aux Primitifs, est lorcé de partager désormais avec les deux autres ordres.
Quant a 1 ordre ionique, il était rare qu’il se produisît isolément (arcades du rez-de-chaussée du cloître de la « Pace » à Rome; façade tout entière du palais Trévisan, à Venise, etc.).
La tendance à simplifier la décoration extérieure s’affirme successivement par 1 abandon des colonnes historiées, ainsi que des colonnes si irrégulières et si pittoresques chères à la Première Renaissance (colonnes-candélabres, a la Chartreuse de Pavie ; colonnes formées d’une série de tambours renflés
p. 384-387), partageront le même sort. Finalement l’influence classique proscrira les portes monumentales, aux chambranles couverts d’une dentelle de sculpture, tels que celles de la cathédrale de Florence, de l’église San Petronio à Bologne, de Santa Maria dei Miracoli à Brescia, de la cathédrale de Côme, du palais Stanga à Crémone, du palais des Médicis à Milan et des palais de Gênes. Désormais elles feront place à des baies pures et classiques, mais horriblement troides.
Les proportions à donner à l’ensemble de I’entablement ou à ses différentes parties ne laissaient pas que d’embarrasser encore certains artistes. Ils se demandaient, par exemple, si la corniche devait se rapporter uniquement à l’étage supérieur ou à l’édifice entier. Les enseignements de l’antiquité ne pouvaient en pareille matière suppléer au jugement ou au goût individuel. Si le Cronaca, dans son célèbre entablement corinthien du palais Strozzi, utilisa un fragment
T. Ce motif a été imité par Philibert Delorme dans son Traite d’ Architecture , liv. VII, chap. xn.
La Corniche du palais Strozzi à Florence. Par le Cronaca.
vers le milieu, à la cathédrale de Côme, etc.). Elles disparaissent rapidement , sauf dans la Haute Italie , où Bramante put encore donner à plusieurs des supports du cloître de Saint-Ambroise la forme de troncs d’arbres (par allusion à un des emblèmes de Ludovic le More1). Les colonnes à grotesques, en usage sur les tombeaux et sur les meubles seulement (par exemple sur le trône de Julien de Médicis), ne feront leur réapparition que dans la malencontreuse cour du Palais Vieux de Florence. Les chapiteaux historiés, les médaillons destinés aux écoinçons des arcades (t. I,