‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 2)Chapitre 135 sur 284 · De Geymüller, les Projets primitifs · texte numérisé non relu

De Geymüller, les Projets primitifs

3. Il résulte de recherches récentes que le prétendu Bramante de Milan, qui d’après Vasari

BRAMANTE

sa patrie d’adoption, abstraction faite de quelques voyages de peu de durée, qu’à la chute de Ludovic le More.

Les peintures exécutées par Bramante dans le Milanais ont presque toutes disparu. Des fragments de fresques conservés aujourd’hui au palais Panigarola- Prignetti à Milan, — des portraits en pied de contemporains, — nous montrent en lui un sectateur de l’École ombro-florentine. Sur la façade d’un autre palais de Milan, Bramante peignit un Démocrite riant et un Heraclite pleurant. La façade du palais du Podestat de Bergame, ainsi qu’une des salles du même édifice, furent ornées par lui de portraits de Philosophes. On vantait sa science des raccourcis.

Quels enseignements Bramante, qui à ce moment ne connaissait probablement pas Rome, pouvait-il trouver dans les monuments de la Lombardie ? M. de Geymüller, le biographe attitré du maître, s’est chargé de

et

des voûtes, dit-il, telle qu’elle s’était développée spécialement en Lombardie, pourrait avoir eu sur Bramante une influence notable. On est également autorisé à admettre que les résidences ducales de Pavie, de Vigevano et de Milan, à l’aspect si fier et si imposant, éveillèrent en

i ■ t . . , Médaille de Bramante

lui des inspirations qu il aurait vainement cher- Par caradosso.

cirées au palais Pitti ou dans le reste de l’Italie.

La cathédrale et l’église Saint-Laurent de Milan exercèrent également de l’influence sur lui. Sûr de lui-même, il ne dédaigna point de combiner une fois une disposition d’archivoltes lombardo- romanes avec les formes nouvelles, à l’occasion de la porte commencée en 1491 sur le côté sud de la cathédrale de Corne1. » Ajoutons que le système si élégant, la disposition si légère et si aérienne de galeries régnant autour des coupoles, des clochers ou des absides et d’étages en retraite les uns sur les autres, tel qu’il s’était développé dans les églises romanes et même gothiques de la Haute Italie (église Saint-Gothard à Milan, abbaye de Chiaravalle, etc.), lui servit de modèle pour Sainte-Marie des Grâces. Autant les Florentins cherchaient à frapper l’imagination par des masses imposantes et des lignes ininterrompues, autant les Lombards se plaisaient à diviser et à accentuer jusqu’aux moindres facteurs de la construction.

Ainsi s’explique comment certains monuments milanais antérieurs à Bramante offrent déjà de si grandes analogies avec le style auquel il a donné son nom : de ce nombre sont la médaille modelée par Pietro da Milano en 1462

aurait précédé Bramante d’Urbin, est un personnage absolument fictif, dont le nom doit être rayé de l’histoire de l’art.

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