‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 2)Chapitre 173 sur 284 · Gaye, Carteggio, t. III, p · texte numérisé non relu

Gaye, Carteggio, t. III, p

2. Litta, Famighe celebn ; article Pallavicini. — A Florence, sur le piédestal du sarcophage

Tandis qu’en France, pendant tout le x\T siècle, nos rois sont représentés sous forme de cadavres hideux , en Italie c’est à peine encore si l’on ose représenter les défunts dans l’attitude du sommeil éternel. Les uns trônent et pontifient, comme Innocent VIII, Julien et Laurent de Médicis, l’amiral Benedetto Pesaro (Jp i5o3), qui est représenté debout, un étendard à la main (église des Frari à Venise); les autres, plus modestes, s’accoudent mollement, comme des philosophes prêts à discuter avec le visiteur sur les théories du divin Platon. Ce motif, qui finit par remplacer complètement les statues représentées immobiles, étendues sur le dos, les mains croisées, fait son apparition dans les dernières années du xve siècle (t. I, p. 672) : il relègue également dans l’ombre les dalles Itinéraires destinées à être foulées aux pieds.

Il y avait alors trop de fermeté dans les esprits pour que l’on confondît témérairement les catégories et que l’on donnât aux motifs familiers, tirés de la réalité, la même importance qu’aux scènes de l’histoire ou aux manifestations de l’esprit religieux. Ce que nous appelons aujourd’hui la sculpture de genre était réservé pour les statuettes ou pour les plaquettes de bronze, et encore cet âge si profondément idéaliste se plaisait-il à transporter les mille péripéties de la vie de tous les jours dans une atmosphère à part, à revêtir leurs acteurs du costume de l’antiquité (p. i3o).

Dans un essai très ingénieux sur la sculpture de genre dans l’art florentin du xve siècle', M. Bode a montré que si les sculpteurs de la Renaissance abordaient parfois le genre (représentation des Saisons, des Mois, des Métiers, etc.), ils le faisaient invariablement sans la plus légère velléité de caricature ou de malice. Les groupes de la Vierge et V Enfant Jésus, tel fut le motif dans lequel cette tendance, plus ou moins réaliste, s’affirma tout d’abord. Déjà dans les statues ou statuettes de Nino Pisano la mère jouait avec l’enfant, à qui elle montrait un oiseau ou offrait une pomme; quant à l’enfant, Nino le représentait exactement comme le fils du premier bourgeois venu. Plus tard, l’enfant s’émancipe; il rit et joue à son tour; bien plus, tandis que sa mère conserve une certaine dignité et comme le reflet de sa mission surnaturelle, l’enfant finit par devenir un simple « putto », c’est-à-dire une figure propre à se prêter docilement à toutes les expériences de la sculpture de genre. En effet, le « putto » (terme que l’on essayerait en vain de traduire

qui renferme les ossements de Fr. Sassetti, dans l’église de la Trinité, Giuliano da San Gallo sculpta une infinité de petites figures qui célèbrent des obsèques et qui sacrifient un agneau. — A Venise, le mausolée d ’ A. Vendramini (SS. Giovanni e Paolo) contient, à côté de Satyres, de Centaures et d’ Hippocampes, les statuettes des Vertus, d’Adam et d'Eve, des Guerriers. — A Milan, sur le tombeau de Gaston de Foix figuraient des sujets moitié mythologiques, moitié allégoriques, des devises traduites en sculpture, Apollon et Jupiter, Bucèpliale , etc. — On remarquera par contre la rareté de certaines scènes purement chrétiennes, telles que le Jugement dernier (tombeau des Giustiniani, église San Francesco delle Vigne à Venise).

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